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06/10/2015 20:48 EDT | Actualisé 06/10/2016 01:12 EDT

Un général appelle à garder plus que 1000 soldats américains en Afghanistan

WASHINGTON — Le plus haut commandant américain en Afghanistan a recommandé, mardi, que le président Barack Obama revoit ses plans pour maintenir davantage que 1000 soldats dans le pays après 2016.

Le général John F. Campbell a tenu ces propos trois jours après une frappe aérienne américaine ayant «atteint par erreur» un hôpital abritant du personnel de Médecins sans frontières, faisant au moins 22 morts.

M. Campbell a fait valoir au Congrès américain que les conditions sur le terrain en Afghanistan avaient changé depuis l'annonce par M. Obama de son plan en 2014 pour réduire la force américaine actuelle de 9800 soldats en un contingent de sécurité établi à l'ambassade à Kaboul d'environ 1000 soldats après 2016.

Le général a soutenu que l'Afghanistan demeurait engagé dans un combat violent contre les talibans, que les opérations militaires au Pakistan avaient repoussé les combattants, dont ceux liés à Al-Qaïda, dans l'est et le nord de l'Afghanistan, et que l'émergence des combattants du groupe extrémiste État islamique avait rendu le conflit encore plus complexe.

M. Campbell, le plus haut commandant des États-Unis et des forces alliées en Afghanistan, a affirmé que la réduction du contingent à 1000 soldats entraînerait une capacité restreinte des États-Unis à former et soutenir les forces afghanes, et une capacité encore plus faible à mener des opérations antiterroristes. Il a dit avoir proposé à ses supérieurs différentes avenues, qui nécessitent toutes un contingent supérieur à 1000 soldats.

Devant un comité du Sénat sur les forces armées, M. Campbell a présenté des détails sur la frappe aérienne ayant atteint une clinique médicale à Kunduz, dans le nord de l'Afghanistan. Il a affirmé qu'une unité des forces spéciales américaines à proximité étaient en contact avec l'appareil ayant effectué la frappe meurtrière.

«La décision de mener (des frappes aériennes) était une décision des États-Unis, réalisée au sein de la chaine de commandement américaine, a dit M. Campbell. L'hôpital a été frappé par erreur. Nous ne ciblerions jamais intentionnellement un établissement de santé protégé.»

Depuis Rome, le secrétaire à la défense Ash Carter a déclaré que l'armée américaine prenait «le plus grand soin» à éviter les morts de civils, et que les États-Unis prenaient leurs responsabilités à la suite de telles erreurs.

Le porte-parole de la Maison-Blanche Josh Earnest a affirmé que l'avenir de la présence américaine en Afghanistan serait déterminé par divers éléments, incluant les conditions sur le terrain, les menaces persistantes et les ressources dont disposent les États-Unis.

Deb Riechmann, The Associated Press