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07/10/2015 08:38 EDT | Actualisé 07/10/2016 01:12 EDT

Ukraine: une "trêve véritable" dans l'Est, mais pas la fin de la guerre, selon Porochenko

Le président ukrainien Petro Porochenko a salué mercredi la "trêve véritable" qui s'est installée dans l'Est séparatiste prorusse en proie depuis 18 mois à un conflit meurtrier, tout en estimant que la guerre ne serait finie qu'après la libération des terres ukrainiennes de l'"occupant" russe.

Dans un conflit qui a coûté la vie à plus de 8.000 personnes en 18 mois, "nous assistons à une accalmie totale en cette première semaine d'octobre. Pas un seul coup de feu (...)" s'est félicité le chef de l'Etat dans un discours devant les étudiants de l'Institut militaire à Kiev.

"C'est une trêve véritable", a-t-il ajouté en soulignant cependant que la guerre n'était "pas finie pour autant".

"La guerre sera finie quand sera libérée des mains de l'ennemi, de l'occupant, chaque parcelle de terre ukrainienne", a-t-il poursuivi.

Kiev et les Occidentaux accusent la Russie de soutenir militairement les rebelles de l'Est et d'y avoir déployé des troupes régulières, ce que Moscou dément.

Ce conflit avait éclaté un mois après l'annexion par la Russie de la péninsule ukrainienne de Crimée au bout de trois semaines d'occupation par les troupes russes, suivie d'un référendum controversé qui n'a pas été reconnu par la communauté internationale.

Alors que le cessez-le-feu est largement respecté depuis septembre, Kiev et les rebelles retirent leurs chars et pièces d'artillerie de calibre inférieur à 100 mm de la ligne de front dans le cadre d'un accord signé la semaine dernière entre belligérants.

Ce processus est pratiquement achevé dans l'une des deux républiques rebelles, celle de Lougansk, ont annoncé mercredi l'armée ukrainienne et les rebelles.

Le retrait dans la république autoproclamée de Donetsk doit débuter le 18 octobre.

- Conditions de Kiev pour les élections séparatistes -

Ce retrait a été décidé comme un geste de bonne volonté pour consolider la trêve, même s'il n'était pas prévu par les accords de paix fondamentaux dits de Minsk 2, signés en février grâce à la médiation du président français François Hollande et de la chancelière allemande Angela Merkel en présence du président russe Vladimir Poutine.

Après un sommet à Paris vendredi entre les trois dirigeants et le président ukrainien, le chef de l'Etat français a reconnu que la mise en oeuvre du processus de paix prendrait du retard et ne serait pas achevé comme prévu en 2015.

Si les rebelles ont accepté, conformément au souhait des Européens, de reporter leurs élections locales prévues cet automne à 2016, les interprétations divergent quant aux conditions de la tenue de ces élections.

"Nous nous sommes mis d'accord à Paris sur l'annulation" et non le report de ces élections, a souligné mercredi devant les députés le chef de la diplomatie ukrainienne Pavlo Klimkine.

Le ministre a également souligné que celles-ci ne pourraient avoir lieu qu'une fois que l'Ukraine aurait retrouvé le contrôle des 400 km de sa frontière avec la Russie par où transitent, selon Kiev et les Occidentaux, armes et troupes destinées à l'Est rebelle, et après le retrait des troupes russes.

"Conformément à tous les critères du droit international et national, les élections ne peuvent pas avoir lieu là où sont présentes des troupes ou des armes étrangères", a déclaré le chef de la diplomatie lors d'une intervention devant les députés.

Les dirigeants européens n'ont toutefois pas mentionné cette condition, le président François Hollande disant simplement qu'il "faudrait du temps pour aboutir (...) au contrôle total des frontières et au retrait des unités étrangères".

Il avait en revanche évoqué l'adoption par Kiev d'une nouvelle loi électorale pour rendre le scrutin en zones rebelles "incontestable", sous observation de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe).

Les responsables ukrainiens défendent depuis plusieurs jours leur bilan après le sommet de Paris.

Ses résultats ont été interprétés par plusieurs experts comme une victoire de la Russie: avec la bénédiction des alliés européens de Kiev, Moscou pousse l'Ukraine à réintégrer des territoires prorusses en son sein alors même qu'ils sont toujours de facto contrôlés par la Russie.

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