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07/10/2015 12:46 EDT | Actualisé 07/10/2016 01:12 EDT

Tafta: la France manifeste son impatience vis-à-vis de Washington et durcit le ton

La France a durci le ton mercredi vis-à-vis des Etats-Unis en menaçant d'abandonner les négociations en cours sur le Traité de commerce transatlantique (Tafta) si les choses ne changeaient "pas sérieusement" d'ici fin 2016.

Alors qu'il avait déjà mis en garde fin septembre contre le risque d'"arrêt pur et simple" des négociations par la France sur ce projet d'accord de libre-échange entre l'Union européenne et les Etats-Unis, le secrétaire d'Etat français au Commerce extérieur Matthias Fekl est allé un peu plus loin mercredi en posant une date butoir.

"Si dans un avenir raisonnable, c'est-à-dire dans le courant de l'année prochaine, les choses ne changent pas sérieusement, les négociations s'arrêteront", a-t-il déclaré sur des médias français.

Même si techniquement il est difficile d'imposer à la Commission l'arrêt des négociations, le secrétaire d'Etat assure que "si en Europe, la France ne souhaite pas qu'une négociation majeure se fasse, elle ne se fait pas".

"Il y a le 11è tour de négociations qui s'ouvre dans quelques jours à Miami, nous allons voir l'état d'esprit à ce moment-là", a-t-il encore dit.

Le Tafta (TTIP en anglais), en négociation depuis deux ans, prévoit la levée d'un grand nombre de barrières économiques entre les Etats-Unis et l'Europe. S'il voit le jour, il sera le plus grand accord commercial au monde, touchant un marché de 850 millions de consommateurs.

Mais il suscite pour l'heure de nombreuses inquiétudes, en raison de l'impact qu'il pourrait avoir sur l'agriculture ou l'environnement, mais aussi sur le manque de transparence qui entoure les négociations.

Revenant sur les progrès des discussions depuis sa nomination au gouvernement en 2014, M. Fekl s'est félicité d'avoir "obtenu avec d'autres Etats européens la transparence du mandat de négociation qui était secret". Mais "il faut aller beaucoup plus loin", a-t-il martelé, en invitant les Etats-Unis à plus de "réciprocité" dans les négociations.

"L'Europe fait proposition sur proposition. Il n'y a aucune contre-proposition américaine sérieuse sur la table aujourd'hui", a-t-il ajouté.

A Strasbourg, devant le Parlement européen, François Hollande a enfoncé le clou. "La France veut que ces négociations puissent être un progrès, et qu'il puisse y avoir des garanties, pour les appellations d'origine, pour la réciprocité, pour la transparence, et pour le mécanismes de protection des investissements", a-t-il déclaré.

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