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07/10/2015 10:45 EDT | Actualisé 07/10/2016 01:12 EDT

Syrie : Hollande n'a pas évoqué de coopération militaire entre l'opposition modérée et le régime Assad

François Hollande n'a pas évoqué d'alliance de l'opposition modérée syrienne avec l'armée de Bachar al-Assad, contrairement à ce qu'a affirmé Vladimir Poutine, mais il a rappelé à son homologue russe la "nécessaire présence de l'opposition syrienne" aux négociations de paix, a indiqué mercredi à la presse l'entourage du président français.

"Le président a parlé de la nécessaire présence de l'opposition syrienne autour d'une éventuelle table des négociations. Le reste n'est pas une idée française", a précisé l'entourage de M. Hollande, qui doit s'exprimer dans l'après-midi avec la chancelière allemande Angela Merkel devant le Parlement européen à Strasbourg (est de la France) sur la crise des réfugiés en Europe.

Vladimir Poutine a affirmé mercredi que François Hollande lui avait proposé l'idée, "intéressante", d'"unifier les efforts" de l'armée du régime de Bachar al-Assad et de l'Armée syrienne libre (ALS). L'ALS, très affaiblie, est le principal groupe armé modéré qui combat le président syrien et est soutenu par la Turquie.

Selon le maître du Kremlin, François Hollande a fait cette proposition à Paris vendredi lors du sommet pour faire avancer la paix sur l'Ukraine avec la chancelière allemande Angela Merkel et le président ukrainien Petro Porochenko.

Vendredi, le président français avait dit avoir parlé avec M. Poutine de la nécessaire recherche d'une solution politique pour "mettre le gouvernement et l'opposition en capacité de former un gouvernement de consensus". Il avait répété que "l'avenir de la Syrie passe par le départ de Bachar al-Assad", ce qu'il a encore redit mercredi devant le Parlement européen à Strasbourg.

La présence de l'opposition modérée syrienne à la table des négociations est une condition maintes fois répétée par la France, notamment dans le cadre des accords de Genève, qui n'ont jamais abouti, sur la mise en place d'une transition politique.

Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius, en marge d'un déplacement à Tanger (Maroc), a pour sa part évoqué "une confusion" concernant les propos de Vladimir Poutine. "Il y a bien sûr des actions militaires à mener, contre Daech (acronyme arabe du groupe Etat islamique) notamment, et contre le Front al-Nosra (la branche syrienne d'al-Qaïda). C'est ce que fait la France", a observé M. Fabius.

"Et puis il y a une transition politique à opérer puisque notre conviction est que, tant que Bachar Al Assad sera aux responsabilités, il ne sera pas possible d'obtenir l'unité nécessaire en Syrie à cause des crimes qu'il a commis. Donc, tant qu'il est là, il n'y a pas de coopération possible avec l'armée syrienne", a-t-il assuré.

Mais, a nuancé M. Fabius, s'il y a une transition politique, "il faut qu'il y ait un gouvernement d'union nationale entre certains éléments du régime, y compris bien sûr des cadres de l'armée (du régime Assad) et l'opposition non terroriste".

Dans le cadre de cette transition, a rappelé le chef de la diplomatie française, "il sera tout à fait possible, Bachar al-Assad étant appelé à quitter ses responsabilités au pouvoir, de travailler avec les Syriens, l'armée syrienne, pour se retourner contre Daech".

"Le président russe et le président français ont demandé à mon collègue russe Sergueï Lavrov et à moi-même de travailler ensemble pour voir ce qui était possible dans cette direction", a-t-il précisé.

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