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07/10/2015 19:48 EDT | Actualisé 07/10/2016 01:12 EDT

S'il est élu, Mulcair suggère d'être jugé sur les avancées pour les Autochtones

ENOCH, Alb. — Le chef néo-démocrate Thomas Mulcair a promis avec émotion d'établir de vraies relations de nation à nation avec les peuples autochtones, alors qu'il a dévoilé, mercredi, les éléments du programme de son parti consacrés aux Premières Nations.

Dans l'une des pièces maîtresses du programme du NPD, M. Mulcair s'est engagé à abandonner le plafond de deux pour cent d'augmentations annuelles du financement fédéral pour les services et les programmes dans les réserves.

Il a aussi promis 4,8 milliards $ sur huit ans pour l'éducation dans les communautés autochtones — un premier montant de 1,8 milliard $ devant être distribué dans les quatre prochaines années et le reste devant suivre lors d'un second mandat.

Si le NPD forme le prochain gouvernement, M. Mulcair a déclaré que le succès de sa gouverne comme premier ministre devrait être évalué en fonction des avancées réalisées pour les Premières Nations.

«Je vous ai déjà dit qu'il n'y avait pas d'enjeu sur lequel j'ai tenu davantage de rencontres», a martelé M. Mulcair lors d'un forum organisé, mercredi, par l'Assemblée des Premières Nations à Enoch, en Alberta.

«J'irais jusqu'à vous dire qu'en fait, j'ai tenu davantage de rencontres sur les questions touchant les Premières Nations, les Inuits et les Métis à travers le pays que sur tous les autres enjeux combinés», a-t-il ajouté.

M. Mulcair a affirmé que les questions autochtones avaient été une principale priorité pour lui car il estime que l'avenir du pays dépend de l'amélioration des conditions dans les communautés autochtones.

«Nous ne pouvons pas continuer comme ça, a dit le chef néo-démocrate. C'est vain, cela nous mène à l'échec si nous continuons dans la voie empruntée par les conservateurs et les libéraux depuis 148 ans.»

Les commentaires de M. Mulcair ont été accueillis avec quelque peu de scepticisme.

«Pourquoi devrions-nous vous croire?», a demandé l'ancienne leader de la Première Nation Treaty 8 Rose Laboucan à M. Mulcair, lors d'une séance de questions et réponses.

Mme Laboucan, qui refuse de voter conservateur, demeure indécise.

«Je veux quelqu'un qui fera une différence et changera véritablement la situation», a-t-elle dit.

M. Mulcair a cherché à faire valoir la sincérité de ses promesses.

«Ce que je vous dis est ceci: ces chiffres que je vous ai donnés ici aujourd'hui marquent le début d'une nouvelle ère, a soutenu le chef néo-démocrate. Vous m'avez parlé avec le coeur; quand je vous parle, cela vient aussi du coeur.»

L'enjeu du financement de l'éducation au sein des Premières Nations a été une source de friction entre les néo-démocrates et les libéraux.

Le NPD a mis en doute la capacité du chef libéral Justin Trudeau à respecter sa promesse d'augmenter le financement de l'éducation des Premières Nations de 1,8 milliard $, laissant entendre qu'il y avait un manque à gagner de 1,7 milliard $ dans la feuille de route fiscale des libéraux.

M. Trudeau a défendu les calculs de son parti et a affirmé qu'il avait l'intention d'insuffler des centaines de millions de dollars chaque année en sus de l'argent non dépensé par le gouvernement pour s'assurer que l'éducation chez les Autochtones soit adéquatement financée.

Dans leur budget déposé au printemps, les conservateurs ont prévu 200 millions $ sur cinq ans à partir de 2015-16 pour l'éducation au sein des Premières Nations.

MM. Mulcair et Trudeau s'entendent par ailleurs sur une chose: le besoin d'une enquête publique sur les femmes autochtones assassinées ou disparues.

M. Mulcair a reproché à Stephen Harper de rester de glace devant les demandes répétées pour cette enquête qu'il mettrait sur pied dans les 100 premiers jours d'un gouvernement néo-démocrate.

Terry Pedwell, La Presse Canadienne