NOUVELLES
07/10/2015 11:48 EDT | Actualisé 07/10/2016 01:12 EDT

Quatre ans et demi de conflit en Syrie

La Syrie est en proie depuis mars 2011 à un conflit déclenché par une révolte populaire brutalement réprimée par le régime de Bachar al-Assad qui a dégénéré en guerre civile brutale.

Le conflit, déjà très complexe avec des combats impliquant régime, rebelles, Kurdes et jihadistes, a pris depuis une semaine un nouveau tournant avec l'implication des Russes, alliés du régime.

Plus de 240.000 personnes ont été tuées depuis 2011, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

- 2011 RÉVOLTE ET RÉPRESSION -

- 15 mars: Début de protestations sans précédent dans le pays, gouverné d'une main de fer depuis 40 ans par le régime Assad (Hafez al-Assad puis son fils Bachar).

Le mouvement débute à la suite d'un appel à des manifestations pour "une Syrie sans tyrannie, sans loi d'urgence (depuis 1963)". De petites manifestations sont violemment dispersées à Damas.

Mais c'est surtout à Deraa (sud) que le mouvement va prendre de l'ampleur, après l'arrestation et la torture d'adolescents soupçonnés d'avoir écrit des slogans anti-régime sur les murs.

Washington, Paris et Londres condamnent la "violente répression des manifestants". Le régime dénonce une "rébellion armée de groupes salafistes".

En avril, la contestation se radicalise, avec des appels à la chute du régime, et s'élargit.

- 2012 - GUERRE TOTALE -

- 17 juil: L'Armée syrienne libre (ASL), composée de civils ayant rejoint la rébellion, encadrés par des déserteurs, lance la bataille de Damas. Depuis, le gouvernement contrôle fermement la capitale, alors que les rebelles sont positionnés autour.

Le 20 juillet, les rebelles lancent la bataille d'Alep (nord), divisée depuis entre zones contrôlées par les rebelles et celles du régime.

En août, entrée en action massive des armes lourdes, dont les avions bombardiers de l'armée. A partir de 2013, des hélicoptères du régime larguent des barils d'explosifs sur les secteurs rebelles.

En avril 2013, le chef du Hezbollah libanais évoque une possible intervention directe de l'Iran et de son puissant mouvement chiite et reconnaît l'engagement de ses troupes aux côtés du régime de Damas. Bachar al-Assad appartient à la communauté alaouite (10% de la population), une minorité musulmane hétérodoxe issue du chiisme, alors que la majorité de la population est musulmane sunnite (80%).

- 2013 - ARMES CHIMIQUES -

- 21 août: Attaque dans deux zones contrôlées par les rebelles près de Damas. Le régime est accusé d'avoir utilisé du gaz sarin (1.400 morts, selon Washington).

En septembre, un accord russo-américain sur le démantèlement de l'arsenal chimique syrien écarte in extremis la menace de frappes américaines, brandie après l'attaque.

- 2014 - MONTÉE EN PUISSANCE DES JIHADISTES SUNNITES -

Le groupe Etat islamique (EI), apparu dans le conflit en 2013, s'empare de vastes régions dans le Nord-Est, éclipsant la rébellion. L'EI fait de Raqqa la "capitale" de son califat --proclamé sur les territoires conquis en Irak et en Syrie-- et y impose une interprétation extrême de l'islam.

Dès 2013, des jihadistes, notamment membres du Front al-Nosra (branche syrienne d'Al-Qaïda), avaient aussi renforcé leur assise dans le Nord.

- 2015 - LES KURDES CHASSENT L'EI DE KOBANE -

- 26 jan: L'EI est chassé de Kobané, frontalière de la Turquie, après plus de quatre mois de violents combats menés par les forces kurdes avec le soutien des frappes de la coalition antijihadistes menée par les Etats-Unis. Les Kurdes représentent 15% de la population syrienne.

- 2015 - SERIE DE REVERS POUR L'ARMEE -

- 28 mars: L'Armée de la Conquête, une coalition composée de jihadistes, tel qu'al-Nosra, et d'autres groupes islamistes sunnites, s'empare d'Idleb (nord-ouest), 2e capitale provinciale, après Raqa, à échapper aux mains du régime.

- 6 mai: Assad reconnaît que son armée a subi des revers, puis le 26 juillet qu'il y a "un manque de ressources humaines" au sein de l'armée.

- 2015 - ENGAGEMENT MILITAIRE RUSSE -

- 30 sept: La Russie entame une campagne de frappes aériennes, qui vise, selon elle, les groupes "terroristes", dont l'EI. Mais les rebelles et leurs soutiens à l'étranger accusent rapidement Moscou de viser surtout d'autres groupes afin de défendre le régime.

Le 7 octobre, l'armée syrienne lance "une vaste opération terrestre" dans le centre de la Syrie avec l'appui de l'aviation russe. Moscou fait aussi état de frappes lancées depuis des croiseurs de la flottille de la Caspienne.

acm/feb