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07/10/2015 17:30 EDT | Actualisé 07/10/2016 01:12 EDT

Nigeria: 14 morts dans trois attentats suicides

Au moins quatorze personnes ont été tuées mercredi dans trois attentats suicides à Damaturu, capitale de l'Etat de Yobe, dans le nord-est du Nigeria, a annoncé l'Agence nationale de gestion des urgences (Nema).

En l'absence de revendication, les soupçons se portaient sur le groupe islamiste Boko Haram qui a déjà frappé à plusieurs reprises à Damatru. Dans une nouvelle vidéo, le groupe a par ailleurs affirmé que son chef, Abubakar Shekau, était toujours en vie et aux commandes.

Cinq personnes ont été tuées par deux explosions devant un magasin et une mosquée dans une zone résidentielle, et neuf dans un quartier peul, dans les faubourgs de Damaturu, a précisé le coordinateur de la Nema pour l'Etat de Yobe, Bashir Idris Garga.

Une dizaine de personnes ont été blessées, dont trois grièvement, a-t-il ajouté.

Le porte-parole de la police de l'Etat de Yobe, Toyin Gbadegesin, a précisé à l'AFP que les auteurs des attentats à la bombe, équipés de fusils, avaient attaqué entre 5h30 et 6h00 du matin (04h30 et 05h00 GMT) alors que le couvre-feu était encore en vigueur.

"Toutes les zones concernées ont été bouclées et la police a organisé des rencontres avec des dirigeants locaux pour qu'ils fassent plus attention aux individus et mouvements suspects", a-t-il ajouté.

En septembre, une fillette d'une douzaine d'années avait tué six personnes en se faisant exploser à proximité d'une gare routière de Damaturu.

Boko Haram, affilié au groupe jihadiste Etat islamique, a revendiqué trois attentats suicides menés vendredi dans les faubourgs de la capitale fédérale Abuja, dans le centre du pays, qui ont fait 18 morts et une quarantaine de blessés.

Mercredi, le porte-parole de l'armée nigériane, le colonel Sani Usman, a par ailleurs fait état d'une offensive de Boko Haram -- repoussée -- à Goniri, à 60 km au sud-est de Damaturu.

"Nos troupes ont repoussé l'attaque et infligé de lourdes pertes aux terroristes", a affirmé le colonel Sani Usman, évoquant un bilan de "plus de 100 terroristes tués" ainsi que sept morts et neuf blessés du côté des soldats gouvernementaux.

L'armée nigériane annonce régulièrement avoir infligé des pertes très importantes aux insurgés, mais ces informations sont difficiles à vérifier et rarement confirmées de sources indépendantes.

- Nouvelle vidéo de Boko Haram -

Depuis la prise de fonctions du nouveau président Muhammadu Buhari le 29 mai, l'armée nigériane a enregistré des succès contre Boko Haram, reprenant aux insurgés des localités passées sous leur contrôle.

Mais le groupe islamiste poursuit à un rythme soutenu ses raids meurtriers contre des villages du nord-est du Nigeria, souvent pour se ravitailler, et multiplie les attentats suicides, y compris dans les pays voisins, au Tchad, au Niger et au Cameroun.

Dans sa nouvelle vidéo publiée mercredi sur les réseaux sociaux, un homme armé non identifié lit un communiqué en langue hausa et en arabe, entouré de dizaines de combattants.

Il y qualifie de "mensonges complets" la reddition, annoncée par l'armée, de plus de 200 combattants de Boko Haram le mois dernier dans la ville de Banki, dans l'Etat de Borno, et la libération de près de 250 femmes et enfants.

Il affirme aussi que le chef de Boko Haram, Abubakr Shekau, "est vivant et reste notre dirigeant". Ce dernier, dont l'absence a alimenté des rumeurs sur son éventuelle disparition ou son remplacement à la tête du groupe, n'a pas été vu sur une vidéo depuis février. Le mois dernier, dans un enregistrement audio, il avait démenti les succès militaires avancés par l'armée contre son organisation.

La vidéo de 17 minutes porte la signature de l'"Etat islamique de la province d'Afrique de l'Ouest", le nom utilisé par Boko Haram depuis son allégeance en mars à l'organisation dirigée par Abou Bakr al-Baghdadi.

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