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07/10/2015 17:34 EDT | Actualisé 07/10/2016 01:12 EDT

Naufrage d'El Faro: sans trace de survivants, les recherches sont abandonnées

Sans trace de survivants, les secours américains vont mettre fin mercredi soir à leurs recherches des 33 personnes qui se trouvaient à bord du cargo El Faro quand il a fait naufrage jeudi près des Bahamas, dans une mer démontée par l'ouragan Joaquin.

"Nous avons décidé de cesser les recherches au coucher du soleil ce soir", a déclaré mercredi le chef des secours des gardes-côtes du 7e district, Mark Fedor, lors d'une conférence de presse à Jacksonville (Floride, sud-est), d'où était parti le navire.

Il s'agit d'une décision "douloureuse" car "nous cherchions des marins professionnels comme nous. Nous cherchions des membres de la famille élargie des gardes-côtes", a-t-il confié, en indiquant qu'un des gardes-côtes avait un frère sur le bateau.

Les secours ont fait "tout ce qu'ils ont pu dans ces recherches", a-t-il assuré, en indiquant que des avions avaient volé à une altitude "dangereusement basse" ou que dimanche un hélicoptère avait volé pendant 11 heures.

"Tout le monde s'est mobilisé", a-t-il insisté. "J'espère que les familles en seront un peu apaisées."

Vingt-huit Américains et cinq Polonais se trouvaient à bord du cargo, un roulier qui transportait aussi plusieurs centaines de containers et automobiles.

"Nous sommes comme vous tous très tristes qu'aucun survivant n'ait été retrouvé", a déclaré lors de la même conférence de presse la vice-présidente de l'agence fédérale des accidents de transports (NTSB), Bella Dinh-Zarr, venue enquêter sur l'accident.

Le NTSB va travailler sur le terrain de sept à dix jours pour essayer notamment de retrouver le Voyage Data Recorder (VDR), équivalent de la boîte noire dans les avions, qui pourrait donner des informations de ce qui s'est passé juste avant le naufrage. Une fois dans l'eau, cet appareil envoie des signaux pendant 30 jours environ.

- "Jours noirs" -

La société propriétaire du bateau, Tote Maritime, a affirmé qu'elle traversait les "jours les plus noirs" de son histoire et qu'elle avait appris la fin des recherches avec "le coeur lourd".

"Il est crucial désormais que nous comprenions ce qui a provoqué cet accident", a ajouté Tote dans un communiqué, sans plus de détails.

Si les recherches restaient intenses mercredi par air et par mer, les gardes-côtes avaient prévenu la veille que les chances de retrouver des survivants s'amenuisaient d'heure en heure.

Les gardes-côtes ont déjà passé au peigne fin une zone de 172.000 miles nautiques carrés, plus grande à titre de comparaison que l'Etat de Californie, autour de l'endroit où le navire a coulé jeudi matin, retrouvant débris, bouées, canot de sauvetage ou combinaison de survie mais aucun signe de vie.

Ils n'ont repêché la dépouille que d'une seule personne qui se trouvait dans une combinaison de survie mais elle n'a pas pu être identifiée.

Parti de Jacksonville, le cargo se dirigeait vers San Juan (Porto-Rico). Le navire de 225 mètres de longueur n'a plus donné signe de vie lorsqu'il se trouvait près de Crooked Island, dans les Bahamas.

Selon les gardes-côtes, le cargo a coulé "là où il a dit se trouver jeudi", quand il a signalé une perte de propulsion et une entrée d'eau, alors maîtrisée. Il faisait alors état d'une gîte de 15 degrés.

Les combinaisons de survie, dans des conditions de mer "chaude", permettent de tenir quatre à cinq jours, selon les gardes-côtes, qui misaient aussi sur le fait que les marins du cargo étaient des personnes "entraînées".

Mais les "conditions de survie sont particulièrement difficiles" dans une mer démontée par l'ouragan Joaquin, des vagues de 15 mètres, des vents jusqu'à 225 km/h et une visibilité proche de zéro, avaient-ils reconnu.

L'ouragan Joaquin s'était hissé la semaine dernière jusqu'à la catégorie 4 sur une échelle de 5. Il a été rétrogradé mercredi en tempête tropicale se déplaçant vers l'Atlantique Nord, selon le Centre national des ouragans (NHC).

du-are/elc