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07/10/2015 05:03 EDT | Actualisé 07/10/2016 01:12 EDT

Mondial-2015 - Si les Fidji avaient un buteur...

Un jeu salué par tous, des individualités remarquées, il n'a manqué qu'un buteur fiable aux Fidji pour vraiment concurrencer le +Big Three+ de cette +poule de la mort+ qu'ils ont conclue sur une bonne note mardi face à l'Uruguay (47-15).

On leur avait prédit la 4e place de la poule A, ils l'ont obtenue. "Ce sont les aléas du tirage au sort, résume leur sélectionneur John McKee. Jouer l'Angleterre, l'Australie et le pays de Galles en treize jours était vraiment très dur, et ce pour n'importe quelle équipe au monde. S'il avait été différent, on aurait peut-être pu passer en quarts de finale, ou du moins avoir des adversaires un peu moins forts".

Les regrets seront éternels pour cette génération de Fidjiens si imprévisibles, si enthousiastes, si beaux à voir jouer. Des charges destructrices, des placages spectaculaires, des courses envoûtantes apprises dans le rugby à VII, leur terrain de jeu historique, tout le panel y est passé.

Sans parler de leur mêlée à la hauteur des grandes nations, et des talents présents à tous les étages. "Il y a eu beaucoup de commentaires très positifs sur le jeu des Fidji, tant ici qu'à la maison", confirme McKee.

- Points laissés en route -

Le monde du rugby était impatient de voir à l'oeuvre la bombe Nemani Nadolo, ailier star des Crusaders, si proche dans sa gestuelle de la légende Jonah Lomu. Dès le match inaugural, Twickenham a appris à le connaître, avec un essai aérien plein d'agilité et de puissance, donnant le ton.

Autres découvertes, le demi de mêlée Nikola Matawalu aux accélérations fulgurantes avant de se blesser, la paire de 2e ligne Tevita Cavubati et surtout Leone Nakarawa, au porté de balle à une main saisissant.

A un degré moindre, l'ouvreur Ben Volavola s'est montré à son avantage dans l'animation, mais pas dans les tirs au but, et c'est là que tout s'effondre.

Préposés aux pénalités, lui et Nadolo ont laissé filer un nombre incroyable de points face aux perches, que ce soit devant des Anglais (18-11 à la 64e) ou des Gallois (17-13 à la 50e) qui n'en menaient alors pas large.

"Par moments on a bien tapé au pied, mais par moments ce n'était pas terrible. A ce niveau, vous avez vraiment besoin de réussir vos coups de pied et nous en avons laissé en route", poursuit McKee, "frustré de ne pas avoir récolté au moins un point (de bonus défensif) lors des trois premiers matchs".

- S'exporter pour apprendre -

Le dessert uruguayen de mardi à Milton Keynes ne consolera pas ses troupes qui ont prouvé que les écarts entre les équipes commencent à diminuer. "D'ici à 2019, j'espère que quelques nations du +Tier 2+ (NDLR: la D2 mondiale) passeront le cap des poules".

Les Fidji peuvent-ils être ces fameux représentants des nations dites mineures ? "C'est toujours très difficile pour les nations du Pacifique, explique leur sélectionneur. On a attiré d'excellents sponsors régionaux, mais si on est réaliste, pour passer au niveau supérieur, il faudra qu'on trouve des sponsors mondiaux pour financer l'équipe nationale, nos moins de 20 ans et nos Fiji Warriors (équipe B)", d'où un vrai buteur sortira peut-être du lot.

Et le technicien néo-zélandais d'encourager ses hommes à continuer à s'exporter pour apprendre, notamment en Europe, et revenir plus fort.

"Pour nous, c'est important d'avoir des garçons confrontés au plus haut niveau, parce que le rugby international représente une très haute marche. Pour eux, c'est un formidable tremplin vers ce niveau de compétition. Ils affrontent les Français, les Anglais, ce genre de joueurs et ils apprennent à les connaître. Par le passé, ils pouvaient être impressionnés par le fait de se retrouver face à ces grands noms du rugby parce qu'ils n'en avaient pas l'habitude. Aujourd'hui, c'est complètement différent". Bref, vivement 2019 !

rap/ol/chc