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07/10/2015 08:09 EDT | Actualisé 07/10/2016 01:12 EDT

Médecins sans frontières demande une enquête sur l'attaque de l'hôpital de Kunduz

GENÈVE, Suisse — Médecins sans frontières demande aux États-Unis, à l'Afghanistan et à d'autres pays de mener une enquête indépendante en vertu des Conventions de Genève pour faire la lumière sur la frappe aérienne américaine qui a détruit un hôpital de Kunduz, en Afghanistan, faisant 22 morts.

L'organisation humanitaire a dit souhaiter que l'enquête soit menée par la Commission d'enquête internationale humanitaire, qui a été établie dans le cadre des protocoles additionnels aux Conventions de Genève.

MSF affirme qu'il s'agirait de la première enquête du genre jamais réalisée, même si le mécanisme existe depuis 1971.

La présidente internationale du groupe, la pédiatre québécoise Joanne Liu, a déclaré aux journalistes mercredi que la frappe du week-end dernier «n'était pas seulement une attaque contre notre hôpital, c'était une attaque contre les Conventions de Genève. C'est intolérable».

Mme Liu a ajouté que MSF «prend pour acquis qu'un crime de guerre a possiblement été commis», mais que son objectif réel est d'établir les faits en lien avec cet incident et de définir des règles claires pour les organisations humanitaires actives dans les zones de conflits.

Le groupe dépoussière en réalité un accord international relégué aux oubliettes pour tenter d'assurer un meilleur respect du droit international. MSF explique qu'il s'agit d'une première étape, dans le but d'éclaircir les faits et de définir la chaîne de commandement qui a mené à cette attaque.

«L'attaque américaine contre l'hôpital de MSF à Kunduz représente la pire perte de vie de notre organisation lors d'une frappe aérienne, a dit Mme Liu. Des dizaines de milliers de personnes à Kunduz sont privées de soins médicaux au moment où elles en ont le plus besoin. Aujourd'hui nous disons: assez. Même la guerre a des règles.»

Le groupe a dit attendre une réponse aux lettres qu'il a envoyées mardi aux 76 États signataires de l'article 90 des protocoles additionnels aux Conventions de Genève, afin de mobiliser une commission de 15 membres indépendants créée en 1991.

Dans ce cas-ci, les États-Unis et l'Afghanistan, qui ne sont pas des signataires, doivent aussi donner leur accord.

MSF dit n'avoir reçu aucune réponse des États-Unis ou d'autres pays. La directrice juridique du groupe, Françoise Saulnier, a admis que cette mesure nécessitera la «bonne volonté» des pays.

The Associated Press