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07/10/2015 11:18 EDT | Actualisé 07/10/2015 11:21 EDT

Maltraitance dans Charlevoix: le ministre Barrette promet de faire la lumière

Le ministre de la Santé Gaétan Barrette a demandé une enquête sur les cas de maltraitance à l'endroit de bénéficiaires âgés ou en perte d'autonomie dans deux centres d'hébergement privés de Charlevoix. Trois hommes et une femme vont comparaître ce matin, à La Malbaie, à la suite d'une enquête policière qui avait mené à une première arrestation en mai.

Gaétan Barrette s'est dit profondément choqué par cette affaire « insultante » pour tout le réseau de la santé, a-t-il dit. « Dans l'appareil, il y a eu des hésitations que je ne tolérerai pas. Les gens qui posent des gestes répréhensibles vont être congédiés et les gens en autorité qui ont vu, ou laissé aller ça, aussi. Pour ce qui est de Charlevoix, la lumière va être faite », a promis le ministre.

Au moins deux des cinq suspects accusés de mauvais traitements ont des antécédents judiciaires en matière de violence, a précisé le ministre. Il ne comprend pas pourquoi ils ont réussi à se faufiler dans le système.

« On a des règles qui sont claires et qui font en sorte que les gens qui ont la responsabilité de conclure des contrats avec ces gens-là doivent vérifier les antécédents. Si quelqu'un a laissé passer ça, il y aura quelqu'un qui sera très imputable », a prévenu le ministre.

Le CIUSS se défend

La direction du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale (CIUSS), responsable de la supervision des soins, se défend bien d'avoir fait preuve de négligence.

Le président-directeur général adjoint du CIUSS, Guy Thibodeau, soutient que même si des intervenants visitent régulièrement les centres privés sous sa responsabilité, les interactions auprès des personnes plus vulnérables sont complexes. Les bénéficiaires étaient tous sous la responsabilité du Curateur public du Québec.

« On n'est pas très heureux de la situation et de découvrir ça via l'enquête policière. La complexité d'une situation comme ça, c'est qu'on s'adresse à des clientèles qui ne s'expriment pas. Donc, c'est difficile à moins de voir des faits ou avoir des données qui sont très, très claires », explique Guy Thibodeau.

Un employé de la résidence de Saint-Urbain, Jean Coutu, 53 ans, a été arrêté en mai après que le Curateur public du Québec a porté plainte à la police pour des gestes violents à l'endroit d'un septuagénaire.

« Pour la première victime, on a découvert que des choses n'allaient pas quand elle a été hospitalisée », précise Guy Thibodeau.

L'homme au lourd passé judiciaire fait face à des accusations de voies de fait graves et de voies de fait causant des lésions sur deux résidents.

Une surveillance accrue

Quelque 32 personnes avaient été relogées dans d'autres résidences de la région après la première arrestation. Le CIUSS assure qu'il a resserré sa surveillance depuis.

« On est plus présent. Il y a des visites surprises qui se font dans les ressources pour voir comment ça se passe. »

— Guy Thibodeau, président-directeur général adjoint du CIUSS

« Depuis 2014 maintenant, on peut exiger des ressources qu'elles nous fournissent les antécédents judiciaires ou non. On est en train de se mettre à jour par rapport à ça. On donne un blitz pour s'assurer de la qualité de nos milieux », précise M. Thibodeau.

Dans le quotidien Le Soleil ce matin, une employée du CIUSS de la Capitale-Nationale affirme pourtant que la direction était bien au fait de la situation. Sous le couvert de l'anonymat, la dame affirme que des employés ont décrié à plusieurs reprises les mauvais soins dispensés aux bénéficiaires.

« On n'avait pas cette information-là, affirme M. Thibodeau, qui promet de vérifier ces allégations. Si notre personnel qui va dans ces ressources-là voit des choses, on veut qu'ils nous le disent pour qu'on soit capable d'intervenir. »

Le propriétaire des deux résidences, Rémy Bernier, 47 ans, de même que Herman Warren, 66 ans, de La Malbaie, André Demers, 59 ans, de Québec, et Lisette Belleau, 52 ans, de Baie-Saint-Paul, doivent être accusés de voies de fait simples, de voies de fait avec lésions et de menaces.

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