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07/10/2015 07:14 EDT | Actualisé 07/10/2016 01:12 EDT

La chute des revenus pétroliers oblige la Norvège à puiser dans son fonds

La chute des revenus pétroliers devrait pour la première fois l'an prochain obliger la Norvège à puiser dans son énorme fonds souverain pour équilibrer son budget, ressort-il du projet de loi de Finances présenté mercredi.

Le gouvernement minoritaire de droite dit prévoir de ponctionner 3,7 milliards de couronnes (près de 400 millions d'euros) dans son fonds de pension public, le plus gros fonds souverain au monde, en 2016 car les revenus pétroliers attendus ne devraient plus suffire à couvrir les besoins budgétaires.

En d'autres termes, la Norvège va cesser d'économiser et, au contraire, puiser légèrement dans son bas de laine.

C'est la conséquence de la chute du prix du pétrole depuis l'été dernier et de l'érosion de la production de brut qui a diminué les recettes que l'État norvégien tire des hydrocarbures sous forme de taxes, dividendes et participations directes dans les gisements en mer.

"Nous nous attendions à ce que cette croisée des chemins arrive plus tard, aux alentours des années 2020, mais cela arrive plus tôt à cause du recul du prix du pétrole", a expliqué à l'AFP Kyrre Aamdal, économiste chez DNB.

"C'est un jalon mais il est sans grande importance puisque le fonds devrait continuer de grossir", a-t-il ajouté.

Le rendement des investissements du fonds de pension (qui, malgré son nom, est destiné à financer les dépenses futures de l'État-providence, et pas uniquement les retraites) devrait en effet lui permettre de gagner encore en volume.

Placé à travers le monde essentiellement en actions et obligations mais aussi dans de l'immobilier, il devrait peser 7.449 milliards de couronnes (près de 804 milliards d'euros au cours actuel) fin 2016 contre 7.025 milliards un an plus tôt.

La Norvège, qui tire près d'un quart de sa richesse nationale du secteur pétrolier, traverse un trou d'air en raison d'une chute prononcée des investissements pétroliers.

Selon le gouvernement, le Produit intérieur brut dit "continental" (hors production d'hydrocarbures et transport maritime) devrait croître de 1,8% en 2016 après 1,3% cette année avant de se rapprocher de son rythme de croisière habituel, à 2,1% en 2017.

Le qualifiant d'"assez expansif", la ministre des Finances Siv Jensen a jugé que le projet de budget aiderait à revigorer l'économie norvégienne et à réduire sur le long terme sa dépendance au pétrole.

Parmi les mesures-phares, le gouvernement propose de ramener de 27% à 25% l'impôt sur les sociétés et le taux de base de l'impôt sur le revenu.

En revanche, le taux réduit de la TVA appliqué aux tickets pour les activités culturelles et sportives devrait passer de 8% à 10%.

Le chômage, qui a récemment atteint un niveau inégalé depuis plus d'une décennie, devrait augmenter légèrement, à 4,5% en 2016 contre 4,4% cette année, avant de refluer à 4,2% en 2017.

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DNB