NOUVELLES
07/10/2015 05:14 EDT | Actualisé 07/10/2016 01:12 EDT

"Intenses" frappes russes en Syrie, Moscou prêt à se coordonner avec Washington

La Russie a mené des frappes aériennes "intenses" durant la nuit en Syrie selon une ONG, et s'est dite prête mercredi à coordonner ses opérations avec celles de la coalition internationale menée par les Etats-Unis.

Pour la première fois depuis le début de l'intervention de Moscou il y a une semaine, les forces terrestres du régime de Bachar al-Assad ont tenté d'avancer face aux rebelles avec le soutien de frappes russes.

"Des avions russes" ont mené des frappes sur au moins quatre lieux dans la province de Hama (centre), et trois dans celle d'Idleb (nord-ouest), a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

La province d'Idleb est contrôlée par l'Armée de la Conquête, une coalition rebelle composée notamment de la branche d'Al-Qaïda en Syrie, le Front Al-Nosra, qui cherche à renforcer sa présence dans la province voisine de Hama.

Les frappes, qui ont eu lieu dans la nuit et tôt le matin, étaient "plus intenses que d'habitude", a ajouté l'ONG qui n'était pas en mesure dans un premier temps de fournir un bilan de victimes.

"Pour la première fois, les frappes ont été accompagnées de combats sur le terrain entre les forces du régime et des rebelles", a précisé le directeur de l'OSDH Rami Abdel Rahmane.

Selon lui, les affrontements, qui ont eu lieu dans la province de Hama, ont éclaté lorsque les forces du régime, dont des milices progouvernementales, ont lancé une attaque contre les rebelles au moment où les Russes frappaient. "Le régime a eu aussi recours à des tirs de missiles sol-sol dans la province", a-t-il ajouté.

- Renforts rebelles -

Selon M. Abdel Rahmane, les forces du régime ne sont cependant pas parvenues à avancer sur les positions rebelles et l'Armée de la Conquête a envoyé des renforts pour contrer l'assaut.

Par ailleurs, toujours selon l'OSDH, des frappes russes ont visé la province d'Alep (nord), touchant un dépôt d'armes à Mansoura et à Daret Ezza. Deux femmes et un enfant ont été tués. La télévision syrienne a fait état d'attaques menées par des avions russes, en coordination avec les appareils syriens, contre des positions du groupe Etat islamique (EI) dans cette même province.

La Russie, fidèle allié du régime Assad, mène depuis le 30 septembre une campagne de frappes qui vise, selon elle, les groupes "terroristes" dont principalement celui de l'EI.

Les rebelles syriens et leurs soutiens à l'étranger accusent cependant Moscou de viser surtout d'autres groupes que l'EI afin de défendre le régime qui a perdu de larges zones au profit des rebelles.

La Russie et les Etats-Unis, à la tête d'une coalition anti-EI qui mène depuis un an des frappes aériennes dans le pays, sont en contact depuis plusieurs jours pour tenter d'éviter tout incident dans le ciel syrien.

Le porte-parole du ministère russe de la Défense, le général Igor Konachenkov, a déclaré mercredi que son pays avait "examiné en profondeur les propositions américaines sur la coordination des opérations" en Syrie.

- Aide 'totalement insuffisante' -

"Ces propositions peuvent être mises en place", a jugé le général, cité par les agences de presse russes. "Nous essayons seulement de clarifier de notre côté certains détails techniques qui seront discutés aujourd'hui" avec des experts du Pentagone, a-t-il ajouté.

Mardi soir, le ministère avait fait état de frappes aériennes ayant visé dans la journée 12 cibles de l'EI, notamment dans la région de Deir Ezzor (est) où frappe souvent la coalition.

Farouchement opposée au président Assad, la Turquie a affirmé qu'elle ne ferait "pas de concessions" au sujet des violations de son espace aérien par des chasseurs russes ces derniers jours. Elle a estimé en outre que seuls deux raids russes avaient visé l'EI en une semaine.

Déclenché en mars 2011, le conflit syrien est devenu très complexe en raison de la multiplication des acteurs, notamment avec l'intervention de grandes puissances. Il a fait plus de 240.000 morts et poussé à la fuite plusieurs millions de Syriens, provoquant une grave crise humanitaire et migratoire.

L'ONG Oxfam a jugé à ce sujet que les efforts internationaux déployés pour aider les Syriens s'étaient avérés "totalement insuffisants". Seule une "poignée" de pays répondent de façon satisfaisante à leurs énormes besoins, selon elle.

bur-sah/vl/sk/jri