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07/10/2015 11:57 EDT | Actualisé 07/10/2016 01:12 EDT

Grèce: le parlement s'apprête à voter la confiance au gouvernement Tsipras II

Le Parlement grec devait voter dans la nuit de mercredi à jeudi la confiance au gouvernement de gauche radicale d'Alexis Tsipras, ainsi à pied d'oeuvre pour appliquer les mesures d'économies et réformes promises aux créanciers du pays en échange de son sauvetage financier.

Sauf surprise, le résultat du vote, qui devait intervenir vers minuit (21H00 GMT) est acquis, l'équipe gouvernementale qui allie le Syriza de M. Tsipras à la droite souverainiste (Anel) de Panos Kammenos disposant d'une majorité de 155 députés sur les 300 de la Vouli, l'unique chambre grecque.

Le vote, à l'issue d'une dernière intervention de M. Tsipras, conclura trois jours de débats sans réel enjeu, tant la feuille de route du nouveau gouvernement est définie par l'accord conclu le 13 juillet entre M. Tsipras et les bailleurs de fonds, UE et FMI, du pays surendetté, pour lui éviter d'être poussé hors de la zone euro.

Lâché par l'aile gauche du Syriza après cet accord, qui reniait ses promesses de rompre avec l'austérité l'ayant propulsé au pouvoir en janvier, M. Tsipras avait démissionné le 20 août pour forcer de nouvelles élections, qu'il a largement remportées le 20 septembre avec 35,46% des voix contre 28,10% pour le principal parti de droite.

Dans la foulée, M. Tsipras a reconduit à leurs postes ses ministres-clés, dont le ministre des Finances Euclide Tsakalotos, très apprécié de ses pairs européens, contrairement à son prédécesseur Yanis Varoufakis.

M. Tsakalotos a calé lundi à Bruxelles avec ses homologues de la zone euro la série de mesures qu'Athènes devra mettre en place d'ici mi-octobre pour que le pays décroche 2 milliards d'euros issus du nouveau plan d'aide de 86 milliards d'euros sur trois ans qui lui a été consenti cet été, le troisième du genre depuis 2010.

- "Vite et avec succès" -

Ces deux milliards, et un autre milliard un peu plus tard, qui sera également accordé sous condition, font partie d'une première tranche du plan d'un montant de 26 milliards d'euros, dont le déboursement a été décidé par les créanciers à la mi-août : 10 milliards ont été consignés pour la future recapitalisation des banques grecques, et 13 autres ont été immédiatement absorbés en août et septembre pour des remboursements de la Grèce à la BCE et au FMI.

La liste des réformes inclut de nouvelles coupes dans les retraites, une réforme de l'impôt sur le revenu et un durcissement de la fiscalité pesant sur les agriculteurs.

Ce programme "devra être adopté par le parlement aux environs du 15 octobre", raison pour laquelle M. Tsipras a demandé à ses ministres de préparer d'ici vendredi les textes qui devront être votés, a indiqué mercredi la porte-parole du gouvernement, Olga Gerovassili.

Cette séquence "doit se terminer vite et avec succès", même si les mesures dictées par les créanciers auront un coût "important pour de nombreux groupes sociaux", a souligné M. Tsakalotos, s'exprimant mardi soir devant le parlement.

Dès sa réélection, M. Tsipras avait proclamé que la meilleure manière de s'affranchir rapidement de la tutelle UE-FMI était de tenir les engagements pris à leur égard, ouvrant ainsi la voie à la recapitalisation des banques grecques, pour huiler la relance, et aux négociations sur la restructuration de l'insoutenable dette du pays.

De quoi ramener un peu de calme dans les relations avec les partenaires de la Grèce et dans sa gestion. La Banque de Grèce s'est félicitée mercredi d'un signal en ce sens, avec une "amélioration de la situation des liquidités des banques grecques" et une "stabilisation du flux des dépôts", qui a conduit la BCE à abaisser le niveau des prêts d'urgence (ELA) en faveur des banques grecques, de 89,9 mds à 87,9 milliards.

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