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07/10/2015 06:32 EDT | Actualisé 07/10/2016 01:12 EDT

Gazprom évoque de nouveaux retards dans son projet de gazoduc TurkStream

Le géant gazier russe Gazprom a laissé entendre mercredi que son projet de gazoduc vers la Turquie TurkStream, qui doit remplacer l'Ukraine pour le transit vers l'Europe, serait encore retardé de plusieurs mois, dans un contexte de vives tensions entre Moscou et Ankara.

"Dans la mesure où il n'y a pas d'accord intergouvernemental, les délais sont repoussés", a constaté le numéro deux du groupe public, Alexandre Medvedev, cité par les agences russes.

"De combien, cela dépendra de quand sera signé cet accord. Si ces délais s'allongent d'un an, cela ne sera pas un drame", a-t-il poursuivi.

TurkStream a été annoncé fin 2014 à la suite de l'abandon surprise, en pleine crise ukrainienne, du projet South Stream par la mer Noire, bloqué par l'Union européenne. Il vise à développer les livraisons vers le marché turc mais aussi à servir de base à des futures livraisons vers le marché européen en évitant l'Ukraine, par lequel transite traditionnellement environ 15% du gaz consommé en Europe.

Le contrat de transit avec l'Ukraine expirant dès 2019, Gazprom avait d'abord annoncé un calendrier très ambitieux, prévoyant le début des travaux dès la mi-2015 et la mise en service d'un premier tronçon dès la fin 2016.

Mais le projet est depuis plusieurs mois gelé faute d'accord entre Moscou et Ankara sur les termes du contrat. Moscou espère que les élections prévues en Turquie début novembre permettront de débloquer la situation.

Sur le plan politique cependant, les tensions se sont nettement intensifiées entre les deux pays depuis le début des frappes russes en Syrie, la Turquie -- membre de l'Otan -- dénonçant des violations de son espace aérien par l'aviation russe.

Gazprom semble avoir d'ores et déjà réduit nettement ses ambitions à la baisse. Mardi, son directeur général Alexeï Miller a indiqué que ses capacités maximales seraient de 32 milliards de m3 par an, soit la moitié des capacités prévues initialement.

Il a expliqué cette différence par l'annonce récente d'un renforcement de son gazoduc Nord Stream par la Baltique, alors que ces nouveaux tuyaux étaient censés à la base couvrir de nouveaux contrats et une augmentation de la demande.

TurkStream doit en particulier être prolongé via le territoire grec pour desservir le sud de l'Europe, via un gazoduc que Moscou s'est engagé à financer afin d'aider Athènes.

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