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07/10/2015 06:26 EDT | Actualisé 07/10/2016 01:12 EDT

Des spots télévisés pour éviter le départ de jeunes Français en Syrie

Le gouvernement français a lancé mercredi une série de spots télévisés destinés à prévenir le départ de jeunes Français pour le jihad en Syrie, dans lesquels quatre familles concernées témoignent de leur douleur et de leur incompréhension.

Véronique, Baptiste et Saliha ont chacun un enfant parti en Syrie, Jonathan une soeur de 17 ans. Assis face à une caméra ils témoignent, la voix parfois brisée par l'émotion.

La fille de Baptiste avait 17 ans quand elle est partie, emmenée par un ami dont elle avait fait la connaissance sur un site de rencontres et qui est devenu l'un des porte-parole du groupe jihadiste Etat islamique. "Elle a pris un sac à dos, un chapeau et a disparu", dit-il, au bord des larmes. "Toute la terre nous est tombée dessus, on nous a volé notre enfant".

Ces brefs témoignages, qui disent tous la douleur de ceux qui "n'ont pas compris et rien vu", renvoient à un numéro vert de signalement des candidats au jihad, créé le 29 avril 2014 par le ministère de l'Intérieur pour les familles et proches.

Cette plateforme a enregistré plus de trois mille signalements d'aspirants au jihad en Syrie ou en Irak, dont 23% concernent des mineurs, parmi lesquels une majorité de jeunes filles.

Il y a "1.300 individus concernés par ces filières jihadistes, plus de 500 Français ou résidents en France se trouvent aujourd'hui en Syrie ou Irak", a déclaré mercredi à la radio le Premier ministre Manuel Valls. "Il y a aussi "des centaines, voire des milliers de jeunes concernés par la radicalisation, c'est un défi considérable pour la société qui nécessite qu'on mobilise les familles".

Le gouvernement, a déclaré le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve avant le lancement de cette campagne, entend "produire un contre-discours".

Plus d'une vingtaine de médias et sites internet français vont diffuser ces spots gratuitement, dont les chaînes de télévision TF1, TV5 Monde, France Télévisions, les sites internet Facebook, Dailymotion, la chaîne de cinéma UGC, ou des sites de quotidiens ou hebdomadaires nationaux.

"Nous sommes engagés dans un combat extrêmement difficile" contre le terrorisme, a souligné M. Cazeneuve au côté de familles concernées, outre celles qui apparaissent dans les spots. "Il charrie beaucoup de souffrances, de ruptures, de tragédies (...) pour des familles dont l'un des leurs à basculé".

Le gouvernement prévoit également de créer dans la foulée de cette campagne un réseau d'entraide psychologique parental afin "de combattre l'embrigadement". Pour le gouvernement, c'est une "nouvelle initiative sur le terrain de la prévention".

Les spots sont mis en ligne sur le site internet www.stop-djihadisme.gouv.fr.

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