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06/10/2015 20:11 EDT | Actualisé 06/10/2016 01:12 EDT

Colombie: enquête requise sur l'ex-président Uribe pour un massacre en 1997

Le Procureur général de Colombie a requis mardi une enquête sur l'implication de l'ex-président Alvaro Uribe dans un massacre commis en 1997 par des paramilitaires dans le département d'Antioquia (nord-ouest), dont il était gouverneur, et pour obstruction à la justice.

La Cour suprême de justice a été saisie afin qu'une enquête soit ouverte sur l'ancien chef de l'Etat à propos de "sa probable participation, par action ou par omission, dans le dossier du massacre d'El Aro, municipalité d'Ituango, à Antioquia" dirigé par M. Uribe de 1995 à 1997, a déclaré le Procureur général, Eduardo Montealegre, lors d'une conférence de presse.

En octobre 1997, quelque 150 paramilitaires d'extrême-droite ont occupé pendant sept jours le village d'El Aro et tué 17 habitants, selon le Centre national de la mémoire historique (CNMH).

Durant cette attaque, "la force publique a laissé la population sans protection" à la suite de quoi la Cour inter-américaine des droits de l'Homme (CIDH) a condamné l'Etat colombien "à verser une indemnité de près de 3,4 millions de pesos (environ 1,1 million USD)" aux proches des victimes, selon le CNMH.

M. Montealegre a ajouté que les autorités locales avaient été prévenues de l'approche des milices paramilitaires, mais le gouverneur "n'a pas pris les mesures adéquates pour éviter l'assaut".

"La Cour suprême de justice --habilitée à juger les fonctionnaires et les élus-- devra décider s'il y a ou non une éventuelle responsabilité de l'ex-gouverneur", a-t-il déclaré.

Il a en outre précisé avoir demandé à la Commission d'accusation du Congrès --habilitée à juger les présidents-- d'enquêter pour savoir si M. Uribe a fait obstruction à la justice dans cette affaire quand il était à la tête de l'Etat (2002-2010).

Se basant sur une déposition d'un ex-chef paramilitaire et narcotrafiquant, Diego Murillo Bejarano alias "Don Berna", M. Montealegre a indiqué que "pendant la présidence d'Alvaro Uribe, il existait une stratégie pour faire dévier l'enquête sur les morts du village d'El Aro".

Un des principaux témoins ayant relié M. Uribe à ce massacre, l'ex-paramilitaire Francisco Villalba, a été assassiné en 2009, ce que Don Berna a qualifié de "crime d'Etat", selon le Procureur qui a également demandé d'enquêter sur ce dossier.

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