POLITIQUE
07/10/2015 07:37 EDT | Actualisé 07/10/2015 07:44 EDT

Campagne électorale: qui gagnera la bataille de l'Ontario?

Bloomberg via Getty Images
Justin Trudeau, leader of the Liberal Party of Canada, from left, Thomas 'Tom' Mulcair, leader of the New Democratic Party, and Conservative Leader Stephen Harper, Canada's prime minister, stand for a photograph prior to the second leaders' debate in Calgary, Alberta, Canada, on Thursday, Sept. 17, 2015. The debate pits Harper and his Conservative Party's program of tax cuts and spending restraint against the Liberal Party's Trudeau who is pledging to raise taxes on the highest earners and Mulcair of the New Democratic Party who advocates increasing levies on corporations. Photographer: Ben Nelms/Bloomberg via Getty Images

Les firmes de sondages s’entendent sur une chose : le NPD perd des plumes. Sa glissade au troisième rang se confirme, et il est quasiment exclu que ce parti puisse prendre les devants de la présente campagne électorale.

Or, les firmes de sondages se contredisent souvent. D’une part, les sondages Nanos s’écartent de la moyenne des derniers jours et donnent 4 points d’avance au Parti libéral. D’autre part, Mainstreet vient de publier un sondage donnant une avance de 8 points au Parti conservateur. Si cette avance est fondée, Stephen Harper pourrait s’approcher d’un gouvernement majoritaire.

De telles variations sont également observables chez Léger et Innovative – qui donnent une légère avance aux libéraux – tandis que Forum, Ekos et Angus Reid donnent une avance confortable aux conservateurs. Pour l’instant, seule la firme Nanos donne 4 points d’avance aux libéraux. Il se peut qu’elle se trompe complètement, ou qu’elle soit au contraire la seule à dresser un portrait juste de la situation.

Toutefois, les sondages menés à la grandeur du Canada ont une utilité limitée. Si Justin Trudeau veut devenir premier ministre le 19 octobre, il devra absolument gagner la bataille de l’Ontario.

Les libéraux sont assurés de gagner dans les Maritimes, mais leurs appuis au Québec sont trop concentrés pour qu’ils puissent bénéficier de la chute du NPD dans la même mesure que le Bloc québécois et le Parti conservateur.

Dans l’Ouest, les libéraux peuvent gagner un siège ou deux au Manitoba, un siège ou deux en Alberta, ainsi que plusieurs sièges à Vancouver et dans sa proche banlieue. Mais il y a loin de la coupe aux lèvres.

Le graphique ci-dessous illustre la tendance qui se dégage des sondages effectués en Ontario au cours des deux dernières semaines. Les données n’ont pas été ajustées. Elles sont inscrites à la date médiane où elles ont été recueillies, et telles que communiquées par chacune des firmes.

L’Ontario apparaît très stable au premier coup d’œil. Il est difficile de dire qui, des libéraux ou des conservateurs, mène véritablement la course. Les sondages de la semaine dernière semblent indiquer que le vent tourne en faveur des libéraux, mais ceux-ci ne bénéficient pas d’une avance que l’on pourrait qualifier de significative une fois exclu le sondage Nanos.

Bien que sa campagne soit généralement considérée comme la meilleure, Justin Trudeau aura fort à faire pour rattraper Stephen Harper. Il lui faudra prendre une avance de 8 à 10 points en Ontario pour combler son déficit de sièges dans l’Ouest. Toute avance moindre lui donnerait un total de sièges inférieur à celui des conservateurs.

Pour mieux illustrer ce défi, comparons les résultats hypothétiques des libéraux à la probabilité qu’ils remportent la pluralité des sièges (toutes choses demeurant égales dans les autres provinces). L’axe horizontal du graphique ci-dessous présente le pourcentage d’avance des libéraux sur les conservateurs.

Il est évident que Trudeau devra pouvoir compter sur une avance d’au moins 8 à 10 points pour commencer à ébranler Harper. Une avance moindre pourrait être compensée par des gains dans les autres provinces, mais comme nous l’avons vu plus haut, bon nombre d’entre elles demeurent hostiles aux libéraux.

Nous devons en conclure que Justin Trudeau a peu de chances de devenir premier ministre s’il ne parvient pas à se démarquer en Ontario. Et à moins que les plus récents sondages ne sous-estiment grandement son parti, une telle percée apparaît improbable.

Toutefois, deux semaines nous séparent du scrutin et beaucoup de choses peuvent encore survenir. Les sondages menés deux semaines avant l’élection de 2011 (y compris en Ontario) indiquaient que Stephen Harper ne pourrait pas former un gouvernement majoritaire. Or, nous savons qu’il y est parvenu. Trudeau peut donc espérer battre les conservateurs si les prochains sondages en provenance d’Ontario lui donnent une avance confortable et systématique.

Bryan Breguet a un baccalauréat ès sciences en économie de la politique et une maîtrise ès sciences en économie de l’Université de Montréal. Il a fondé en 2010 TooCloseToCall.ca où il fournit des analyses et projections électorales. Il a collaboré avec le National Post, Le Journal de Montréal et l’Actualité.

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