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07/10/2015 08:01 EDT | Actualisé 07/10/2016 01:12 EDT

Algérie: plainte contre une TV privée après l'interview d'un ex chef de maquis

Le ministre algérien de la Communication, Hamid Grine, a annoncé mercredi que son département portait plainte contre la chaîne de télévision privée El Watan TV et son directeur pour "atteinte au symbole de la République", le président Abdelaziz Bouteflika.

El Watan TV a diffusé samedi dernier une interview de Madani Mezrag, chef de l'Armée islamique du salut (AIS), l'ancien bras armé du Front islamique du salut (FIS, dissous) qui a tenu des propos menaçants visant le président Abdelaziz Bouteflika.

Lors d'une conférence de presse, M. Grine a refusé qu'un journaliste d'El Watan TV, une chaîne de droit international non agréée en Algérie, pose une question, lui lançant: "vous n'êtes ni journaliste, ni accrédité".

"El Watan TV n'a pas le droit d'entrer ici, c'est une chaîne qui travaille de manière informelle et illicite (...) Cette chaîne a porté atteinte au symbole de l'Etat, par conséquent nous avons décidé de porter l'affaire en justice contre elle et son propriétaire", a poursuivi M. Grine.

"Cette chaîne n'est pas accréditée et n'avait pas à inviter" Madani Mezrag, "nous avons décidé de porter plainte", car elle a porté "atteinte aux valeurs de la République" a ajouté M. Grine.

"La plainte sera déposée dans la journée", a précisé une source proche du dossier.

Le directeur d'El Watan TV, Djaafar Challi, homme d'affaires et ex-dirigeant du Mouvement de la société pour la paix (MSP, islamiste), avait été convoqué mardi au ministère de la Communication.

Dans l'interview diffusée samedi, M. Mezrag, en réponse à une question sur le rejet par M. Bouteflika de son projet de création d'un parti politique, avait déclaré: "S'il (le président) ne revoie pas sa position, il va entendre de moi ce qu'il n'a jamais entendu auparavant".

M. Mezrag avait conclu une trêve en 1997 avec l'armée et les milliers de membres de l'AIS avaient déposé les armes. Ils avaient ensuite été amnistiés dans le cadre de la "Charte de la paix et de la réconciliation", adoptée en septembre 2005.

M. Bouteflika a récemment rappelé qu'il était interdit aux anciens jihadistes ayant bénéficié de l'amnistie en échange de leur reddition de revenir dans la vie politique, en vertu de la charte.

L'objectif de la charte était de mettre fin à la guerre civile qui avait fait, selon des chiffres officiels, 200.000 morts depuis 1992.

amb/vl