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07/10/2015 08:37 EDT | Actualisé 07/10/2016 01:12 EDT

Air France: "la survie" de la compagnie en jeu, selon le Premier ministre français

"La survie" à terme de la compagnie Air France est en jeu, a estimé mercredi le Premier ministre français, Manuel Valls, en appelant à nouveau à la "responsabilité" des pilotes de la compagnie aérienne secouée par une violente crise sociale.

"Le défi, c'est celui de la survie d'Air France à terme", a fait valoir Manuel Valls sur la radio RTL. "L'Etat actionnaire (avec 17,6% du capital) joue pleinement son rôle en soutenant la direction, et en soutenant en tout cas la nécessité de véritables réformes pour éviter des licenciements et pour éviter surtout des pertes financières", a-t-il ajouté.

Soulignant que l'Etat soutient le plan de réformes présenté par les présidents d'Air France-KLM et Air France, M. Valls a estimé que "cela doit se faire dans le dialogue social et tout le monde doit revenir autour de la table pour discuter".

"Sans l'effort des pilotes, sans la lucidité des pilotes, sans la responsabilité que doivent assumer les pilotes, il ne peut pas y avoir de bonnes réformes puisque sinon ce seront les autres salariés qui paieront", a aussi estimé M. Valls.

Des violences à Air France à l'encontre notamment de deux dirigeants du groupe ont éclaté lundi à l'annonce d'un nouveau plan de restructuration prévoyant notamment la suppression de 2.900 postes sur deux ans, pour redonner des marges à l'entreprise, prise en tenaille par la concurrence des low costs et des compagnies du Golfe.

Ce plan a été décidé après l'échec de négociations sur un allongement des temps de vol, rejeté par les personnels navigants.

La justice a ouvert une enquête sur les agressions ayant visé lundi les deux cadres de la compagnie aérienne, entreprise vitrine de l'industrie française comptant quelque 64.000 salariés.

Une vingtaine de personnes, dont une dizaine impliquées directement dans ces incidents, ont été identifiées, selon une source proche du dossier.

Cette source a cependant souligné la difficulté de distinguer dans la bousculade les agresseurs et les personnes qui s'interposent pour protéger les cadres d'Air France malmenés.

La ministre de l'Ecologie et des Transports Ségolène Royal a évoqué mercredi l'hypothèse d'un "médiateur extérieur" pour permettre que le dialogue social "se renoue" chez Air France.

"Il faut analyser les raisons pour lesquelles ce dialogue social s'est autant dégradé et trouver des solutions pour que ce dialogue social se renoue", a-t-elle déclaré, ajoutant qu'une "grande entreprise comme ça doit être exemplaire en termes de dialogue social et ça n'a vraiment pas été le cas".

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