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06/10/2015 12:05 EDT

Débat LGBT: tous les partis promettent de lutter contre l'homophobie dans l'armée, sauf les conservateurs (VIDÉO)

Adopter une stratégie pancanadienne contre l'homophobie au sein de l'armée, de la Gendarmerie royale et des prisons, c'est un engagement commun qu'ont pris les candidats de la circonscription Laurier-Sainte-Marie, lundi soir. Tous l'ont promis lors de cette soirée rencontre avec la communauté gaie, où le candidat conservateur Daniel Gaudreau a brillé par son absence, lui qui ironiquement a fait partie des Forces armées canadiennes.

Durant cet évènement organisé par le Conseil québécois LGBT (lesbiennes, gais, bisexuels et transgenres), tant le chef du Bloc québécois Gilles Duceppe que la députée sortante du Nouveau Parti démocratique, Hélène Laverdière, qui mènent une chaude lutte pour gagner le vote des électeurs, se sont entendus pour dire que le prochain gouvernement devra en faire plus au sujet de l'homophobie dans l'armée, ainsi qu'en matière d'immigration et au sein de la fonction publique.

«Nous pouvons certainement nous inspirer de la politique contre l'homophobie adoptée au Québec en 2009, et donner des outils aux ministères pour lutter contre la discrimination basée sur l'orientation sexuelle», a ajouté Christine Poirier, candidate du Parti libéral du Canada. Sanctionner les comportements homophobes et transphobes est nécessaire dans certains cas, mais il faut aussi renforcer les meilleures pratiques d'inclusion, a fait valoir le candidat du Parti vert, Cyrille Giraud.

De gauche à droite: Hélène Laverdière (NPD), Gilles Duceppe (BQ), Cyrille Giraud (PVC), Christine Poirier (PLC).

Le règne de Harper mauvais pour les LGBT

Ce n'est pas la première fois que le Parti conservateur évite de se prononcer sur les enjeux touchant la communauté LGBT. Il y a quelques semaines, le magazine montréalais Fugues, qui couvre l'actualité du Village gai notamment, a soumis un questionnaire à tous les candidats sur des enjeux importants pour la communauté. Seul le candidat conservateur est resté muet. «C'est assez décevant du peu d'efforts fait par le parti au pouvoir pour répondre à nos interrogations», conçoit le président du Conseil québécois LGBT, Thierry Arnaud. «Ce n'est malheureusement pas nouveau, on n'a jamais vu le premier ministre Stephen Harper participé à la Fierté gaie», souligne-t-il.

«Le règne de M. Harper a été un retour en arrière pour nous, poursuit-il, on l'a vu au niveau de la lutte contre le VIH et des plans de prévention des suppressions de budgets pour de nombreux organismes». À ses yeux, tous les autres partis font de belles promesses à la communauté LGBT, il reste à voir si ils les mettront en oeuvre une fois élus.

Criminaliser les personnes séropositives

Un enjeu sensible qui a fait l'objet de discussions durant la soirée a touché la question de la criminalisation des personnes séropositives. Plusieurs procès au cours des dernières années ont tranché qu'une personne atteinte du VIH qui ne divulgue pas son état de santé à un partenaire sexuel est un criminel potentiel. Or il est prouvé scientifiquement que les personnes sous traitement et dont la charge virale est indétectable ne risque pas d'en infecter une autre. «Nous trouvons que la jurisprudence n'avance pas aussi vite que la science, et ces individus qui ne représentent aucun danger de contagion, et qui ont fait un suivi rigoureux auprès d'un médecin, ne devraient pas avoir besoin de divulguer leur situation et ne devraient pas être traitées au même titre qu'une personne malveillante», fait valoir le président du Conseil québécois LGBT, Thierry Arnaud.

Sans exception, tous les candidats des parti ont affiché un malaise face à ce sujet et n'ont pas osé faire de promesses de changer le statu quo.

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