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05/10/2015 10:07 EDT | Actualisé 05/10/2015 10:08 EDT

Une femme qui porte le niqab dit que le débat sur le voile nuit à sa sécurité

Radio-Canada

Safira Merriman, qui dit avoir été bousculée alors qu'elle tentait d'entrer dans une pharmacie, croit que le débat entourant le niqab a des répercussions sur la sécurité des femmes qui se couvrent le visage.

Madame Merriman raconte qu'un homme lui a bloqué le chemin et lui a donné un dur coup de coude à l'épaule devant ses deux jeunes filles alors qu'elle était au centre commercial Fairview, dans le nord de Toronto.

La mère de cinq enfants dit être habituée aux commentaires désobligeants, mais que c'est la première fois qu'elle se fait agresser physiquement.

« Plutôt que de porter des jugements ou de l'intimider, si vous voyez une femme qui porte le niqab, approchez-la et posez-lui des questions », dit-elle.

Franco-manitobaine d'origine, Safira Merriman a été élevée dans une famille chrétienne à Winnipeg. Elle s'est depuis convertie à l'Islam et dit qu'elle porte le niqab par choix, car elle souhaite que son allure physique soit la plus modeste possible, pour être plus près d'Allah.

La mère de Safira Merriman, Lucienne Châteauneuf, a l'impression que sa fille est victime de petite politique.« C'était ma fille qui était haïe par des gens qui ne prennent pas le temps de l'entendre, de l'écouter, de voir qui elle est », dit-elle.

Elle a du mal à comprendre pourquoi quelqu'un s'en prendrait à sa fille de cette façon. « Ça m'a fait peur », avoue Mme Châteauneuf. « Ça faisait plusieurs années que j'avais cette crainte. Sur le coup, je n'avais pas de mots. »

Frédérick Castel, sociologue et spécialiste des religions à l'UQAM, dit que ce sont tous les musulmans qui font les frais de l'instrumentalisation politique du niqab. « Sur Facebook il y a vraiment un déchaînement de passion et d'expression de haine, il faut le dire, c'est ce que craignent les musulmans », constate-t-il.

Selon le chercheur, les différentes communautés musulmanes du pays souhaitent toutes que les politiciens cessent d'alimenter la polémique autour du niqab.