POLITIQUE
05/10/2015 02:21 EDT | Actualisé 05/10/2015 02:29 EDT

Conclusion du PTP: «c'est un jour historique» pour le Canada, dit Stephen Harper, Duceppe «déçu» (VIDÉO)

« Historique », « merveilleux », « ambitieux » : multipliant les qualificatifs élogieux, le chef du Parti conservateur, Stephen Harper, s'est réjoui de l'entente sur un Partenariat transpacifique (PTP) annoncée lundi matin. Revêtant ses habits de premier ministre, il a réagi à l'accord devant des drapeaux canadiens plutôt que dans un cadre partisan.

« C'est un jour historique pour le Canada », a-t-il lancé d'emblée, lors d'une conférence de presse à Ottawa, soulignant qu'un « marché de 800 millions de clients », « presque sans tarifs », s'ouvrait aux producteurs et exportateurs canadiens.

Les 11 pays partenaires de l'entente ont un produit intérieur brut de 30 000 milliards de dollars, a-t-il indiqué, se réjouissant particulièrement de la présence du Japon, 3e économie mondiale. Ce sera le « plus important partenariat économique du monde », s'est -il réjoui.

Cet accord « protégera l'économie canadienne », « protégera les emplois et créera d'autres emplois pour les générations à venir », a-t-il dit. C'est un « élément clé de notre plan pour gérer l'économie », a soutenu Stephen Harper, qui vise la création de 1,3 million nouveaux emplois par diverses mesures.

Harper minimise la brèche dans la gestion de l'offre

L'entente permet de maintenir le système de gestion de l'offre dont bénéficient certains marchés agricoles canadiens, a soutenu Stephen Harper, même si elle les ouvre partiellement aux pays étrangers.

« Une très modeste partie [du marché] a été ouverte », a dit le chef conservateur, expliquant qu'entre « 96 % et 98 % vont rester aux mains des producteurs canadiens », tout dépendant des secteurs visés.

L'entente prévoit que les producteurs étrangers ne pourront pas accaparer davantage que 3,25 % du marché des produits laitiers et encore moins dans les autres, comme ceux des œufs et de la volaille.

Pour contrer la perte de revenus des agriculteurs canadiens et la valeurs de leur quotas, M. Harper a indiqué que le Cabinet avait déjà approuvé « une aide substantielle » de 4,3 milliards de dollars destinée aux agriculteurs pour les 15 prochaines années. Ce montant inclut toutefois la compensation pour l'entente avec l'Union européenne, a-t-il reconnu.

« Il y aura quatre éléments de cette compensation: un programme de garantie du revenu, un programme de garantie des valeurs des quotas, un fonds de modernisation de la transformation [...] et une initiative de développement des marchés », a-t-il expliqué.

« Il n'y aura pas de pertes dans ce secteur », a assuré le chef conservateur.

« Dans dix ans, je prédis avec 100 % de certitude que les gens diront, si nous en faisons partie, que c'était une chose merveilleuse et, si nous ne l'avons pas ratifié, ils diront que c'était une terrible erreur. »

— Stephen Harper

Il a ajouté que l'entente allait « clairement profiter à l'industrie automobile », qui a elle aussi exprimé des préoccupations.

En vertu du PTP, les exigences de contenu nord-américain pour l'assemblage et les pièces des automobiles seront revues à la baisse : 45 % de la valeur d'un véhicule automobile et de certaines pièces devra provenir de la région du PTP pour être exempte de tarifs douaniers, plutôt que le seuil actuel de 62,5 % établi en vertu de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

Il a dit espérer que l'accord pourrait entrer en vigueur d'ici deux ans.

À l'issue de sa déclaration, le chef conservateur a répondu à une quinzaine de questions des journalistes, un nombre plus élevé que depuis le début de la campagne.

À Atlanta, où les 12 partenaires du PTP ont tenu une conférence de presse, le ministre sortant du Commerce international, s'est voulu rassurant et a affirmé que le Parlement débattrait de l'entente après l'élection du 19 octobre.

S'il a dit ne pas s'attendre à des pertes d'emplois, il a reconnu que certaines industries « devraient s'adapter ».

Trudeau promet une « discussion ouverte »

Interrogé par les médias en marge du dévoilement de la plateforme électorale de sa formation, le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, a refusé de dire formellement s'il soutenait l'entente, donnant toutefois de solides indices en ce sens.

« Le Parti libéral du Canada est un parti en faveur de l'échange international, des accords commerciaux », a-t-il soutenu, parlant du PTP comme d'une « entente très, très importante ».

« Nous allons évidemment regarder les détails de cet accord attentivement, mais la réalité, c'est que les échanges commerciaux créent des emplois de qualité, créent de la croissance économique et nous amènent dans une meilleure position - cet accord-ci en particulier, avec trois de nos cinq plus gros partenaires à l'international. »

— Justin Trudeau, chef du Parti libéral

Il a cependant ajouté qu'un gouvernement libéral serait à l'écoute de la population et des élus.

« Ce que nous nous engageons à faire, c'est d'abord de bien étudier cet accord [...], d'écouter les Canadiens sur les impacts que ça va avoir dans leurs industries, dans leurs communautés et d'avoir un processus ouvert et responsable au Parlement pour la ratification de cet accord important », a assuré Justin Trudeau.

« Ce ne serait pas comme 10 ans de M. Harper, ce serait un exemple de comment le Parlement peut bien fonctionner », a-t-il dit.

Reconnaissant que l'accord soulevait « plusieurs questions » concernant les agriculteurs soumis à la gestion de l'offre et l'industrie automobile, le chef libéral a dit avoir « hâte d'entendre les représentants de ces secteurs ».

Duceppe « déçu »

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, s'est dit « déçu » de la brèche ouverte dans le système de gestion de l'offre, qui touche particulièrement les agriculteurs du Québec.

« Ce n'est pas une modeste brèche », a-t-il soutenu. Combiné avec l'accord de libre-échange avec l'Union européenne, l'entente entraînera une perte de 25 000 $ par producteur laitier, a-t-il estimé.

La compensation de 4,3 milliards de dollars consentie aux agriculteurs ne le satisfait pas, a-t-il indiqué, soulignant que ce n'était pour l'instant qu'une promesse. Le revenu des agriculteurs doit être « maintenu intégralement », a-t-il martelé.

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