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05/10/2015 02:37 EDT | Actualisé 05/10/2015 05:21 EDT

Déversement d'eaux usées dans le Saint-Laurent: Ottawa s'inquiète

Andriu_s via Getty Images
Water pollution in river. Dirty water stems from the pipe polluting the river. Industry not treat water before drain.

Pendant que Québec défend sa décision d'autoriser la Ville de Montréal à déverser 8 milliards de litres d'eau polluée directement dans le fleuve Saint-Laurent, le ministre fédéral de l'Infrastructure, des collectivités et des Affaires intergouvernementales, Denis Lebel, soutient que son gouvernement est « très préoccupé » par la situation.

M. Lebel souligne que « la direction générale de l'application de la loi d'Environnement Canada a déjà précisé que la Loi sur les pêches interdit les rejets non autorisés de substances nocives dans les eaux où vivent des poissons ».

Le personnel du ministère de l'Environnement du Canada communique avec la Ville de Montréal, selon M. Lebel, afin d'évaluer les conséquences d'un tel rejet dans le fleuve. Il rappelle que plusieurs espèces vivent dans le fleuve et que des gens y naviguent ou s'y adonnent à des sports aquatiques.

M. Lebel rappelle que le gouvernement fédéral a lancé l'initiative « Prospérité maritime Québec » dans le but de préserver le patrimoine maritime québécois et améliorer l'accès au fleuve.

« Nous allons continuer à suivre la situation de près, et nous allons continuer à agir dans le meilleur intérêt des Canadiens. » — Denis Lebel

De son côté, le ministre québécois de l'Environnement a réitéré la position de son gouvernement dans le dossier. « C'est loin d'être une situation idéale, mais il fallait regarder la balance des inconvénients, a déclaré le ministre de l'Environnement, David Heurtel. Si on ne fait pas les travaux sur cette conduite-là, il y a des risques que l'usine d'épuration soit elle-même affectée. Il faut réaliser ce qui arrivera si on doit fermer l'usine d'épuration et les conséquences de faire quelque chose comme ça. »

« La Ville de Montréal nous a indiqué qu'il fallait faire ces travaux-là, a-t-il poursuivi. On a analysé la demande de la ville, on l'a analysé à la lumière des inconvénients que ça pouvait causer. »

La Ville de Montréal déversera ainsi quelque 8 milliards de litres d'eau usée dans le fleuve. Treize mètres cubes par seconde pendant sept jours, c'est 8 millions de mètres cubes, l'équivalent de 2600 piscines olympiques de déchets des toilettes, rejets d'hôpitaux et d'entreprises. Un cocktail de bactéries, de virus et de produits pharmaceutiques directement dans le fleuve, sans passer par l'usine d'épuration.

La Ville de Montréal a admis avoir besoin du feu vert d'Environnement Canada avant de déverser les eaux usées dans le Saint-Laurent. Les deux parties sont en discussion même si le ministère fédéral a déjà indiqué à Radio-Canada qu'il ne peut pas autoriser ce type de rejet, sans donner beaucoup de détails.

Vendredi dernier, la Ville de Montréal a confirmé qu'elle rejetterait le tiers de ces égouts dans le fleuve durant une semaine, mi-octobre, dans le cadre de travaux .

Le déversement est rendu nécessaire en raison de la construction d'une nouvelle chute à neige dans le cadre des travaux de réaménagement de l'autoroute Bonaventure. Les travaux majeurs pour abaisser la structure de l'autoroute Bonaventure exigent de déplacer la chute d'un méga-égout du sud de la municipalité, située directement dans la zone de travaux.

En deux jours, une pétition en ligne dénonçant le déversement prévu d'eaux usées dans le Saint-Laurent par la Ville de Montréal a recueilli plus de 44 000 signatures.

La prochaine séance du conseil est prévue le 26 octobre. En théorie, le déversement prévu aura déjà commencé depuis plusieurs jours.

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