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03/10/2015 10:47 EDT | Actualisé 03/10/2016 01:12 EDT

Scandale Petrobras : la Cour suprême du Brésil autorise la police à interroger Lula

La Cour suprême du Brésil a autorisé la police à interroger l'ancien président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010) pour qu'il fournisse des renseignements sur le réseau de corruption au sein de la compagnie pétrolière Petrobras.

Le juge Teori Zavascki a répondu favorablement vendredi soir à une requête de la police fédérale (PF) datée du 10 septembre, soutenue par le parquet, en vue d'entendre Lula non pas en tant que suspect mais qu'"informateur".

Selon le juge, Lula "aurait pu obtenir des avantages" de ce réseau qui a coûté plus de deux milliards de dollars en dix ans à Petrobras.

Dans la requête de la PF, le commissaire Joselio Azevedo de Sousa affirmait que "Lula (président de 2003 à 2010) aurait pu bénéficier du réseau monté dans Petrobras en obtenant des avantages pour lui, son parti (des Travailleurs, PT, gauche) ou même son gouvernement".

Il soulignait néanmoins que jusqu'à présent aucun témoignage n'avait permis d'apporter de preuves pour ouvrir une enquête contre Lula, l'un des fondateurs du PT en 1980, vers la fin de la dictature militaire.

Outre Lula, la Cour suprême a autorisé que trois ex-ministres du PT ainsi que deux anciens présidents de Petrobras soient également interrogés, tous en qualité d'"informateurs".

L'Institut Lula a indiqué dans un communiqué que l'ancien président était disposé à "collaborer à la quête de la vérité".

L'enquête tentaculaire sur Petrobras a révélé que les plus puissantes entreprises de BTP du pays s'étaient réparties entre 2004 à 2014 les marchés de la compagnie pétrolière en payant à tour de rôle des pots-de-vin à certains de ses directeurs en échange de contrats, eux-mêmes surfacturés de 1 à 3%. Une partie de ces commissions servait à verser des pots-de-vin à des députés et des sénateurs de la coalition au pouvoir.

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