NOUVELLES
03/10/2015 05:23 EDT | Actualisé 03/10/2016 01:12 EDT

Erdogan appelle Poutine à reconsidérer les frappes russes en Syrie

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé samedi son homologue russe Vladimir Poutine à reconsidérer les frappes menées par son aviation en Syrie, accusant les militaires russes de faire l'impasse sur les dizaines de civils tués dans ses raids.

Dans une interview à la chaîne qatarie en arabe Al-Jazeera, dont le texte a été diffusé par l'agence officielle turque Anatolie, M. Erdogan a exprimé sa colère, affirmant que Moscou avait assuré à Ankara que ces frappes viseraient le groupe Etat islamique mais qu'elles étaient en fait dirigées contre les rebelles syriens modérés.

"Je vais bien sûr parler à Poutine (...) Je vais exprimer ma tristesse à ce sujet", a déclaré le président islamo-conservateur.

"Puisque nous sommes deux pays amis, je vais leur demander de réévaluer les mesures qu'ils ont prises et de faire le bilan" de ces frappes menées depuis mercredi.

M. Erdogan a redouté que son pays, qui partage une frontière de 911 kilomètres avec la Syrie et accueille près de deux millions de réfugiés syriens, paye le prix des actions de Moscou.

"C'est nous qui souffrons face aux problèmes de la région. La Russie n'a pas de frontière avec la Syrie. Nous accueillons deux millions de personnes, ils ne se sont pas partis en Russie", a-t-il souligné.

"Je veux comprendre pourquoi la Russie est tellement intéressée par la Syrie", s'est encore demandé le président turc.

M. Erdogan a affirmé que selon les informations de la Turquie, 65 personnes auraient été tuées dans les frappes russes en Syrie.

"Ils ferment les yeux sur le fait que des civils ont été tués", a-t-il affirmé.

Il a indiqué que Moscou avait informé Ankara à travers une lettre à son ambassade en Russie qu'une opération russe contre l'EI serait menée en Russie.

Mais il a accusé, comme ses alliés occidentaux, Moscou de ne pas réellement viser le groupe jihadiste et de concentrer ses attaques sur les forces syriennes modérées.

Le Premier ministre truc Ahmet Davutoglu avait déjà accusé la Russie vendredi de frapper les positions de l'Armée syrienne libre (ASL), afin d'aider le régime de Bachar al-Assad à se maintenir au pouvoir.

La Russie et la Turquie s'opposent sur la Syrie depuis le début du conflit en 2011, Ankara demandant le départ de Bachar al-Assad qui bénéficie du soutien indéfectible de Moscou.

dg-sjw/at/pt