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03/10/2015 17:51 EDT | Actualisé 03/10/2016 01:12 EDT

Deux Israéliens tués dans une attaque dans la Vieille ville de Jérusalem

Un Palestinien a tué samedi deux Israéliens et a blessé deux autres personnes, dont un enfant, au couteau et par balles avant d'être abattu par la police dans la Vieille ville de Jérusalem, sous haute tension depuis le début des fêtes juives il y a trois semaines.

Cette attaque intervient dans un contexte de heurts quotidiens dans la Vieille ville, où se trouve l'esplanade des Mosquées qui cristallise les tensions, et deux jours après qu'un couple de colons a été abattu par balles dans le nord de la Cisjordanie occupée.

L'armée israélienne, qui mène depuis jeudi une chasse à l'homme pour retrouver leurs meurtriers, a annoncé samedi soir l'arrestation de plusieurs suspects après une opération à Naplouse, sans préciser leur nombre. Lors de ce raid, dix Palestiniens ont été blessés par balles.

A Jérusalem, deux Israéliens ont été tués par un Palestinien armé d'un couteau et deux autres personnes ont été blessées - un enfant de deux ans a été touché par balle et une femme est hospitalisée dans un état "très grave". Une des victimes a couru prévenir des policiers et l'assaillant a alors réussi à s'emparer d'une arme à feu que portait l'un des deux hommes tués.

La police a abattu l'auteur, Mohannad Chafik Halabi, 19 ans et originaire d'un village proche de Ramallah, en Cisjordanie occupée, que le Jihad islamique, deuxième force islamiste palestinienne, a présenté comme un de ses membres.

Le président israélien Reuven Rivlin a affirmé que son pays était "en lutte contre le terrorisme" et promis de "trouver les meurtriers d'innocents et ceux qui les ont envoyés". Le chef de l'opposition, le travailliste Isaac Herzog, a lui estimé sur sa page Facebook que le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait "perdu le contrôle de la sécurité des Israéliens". "Nous sommes au bord d'une troisième Intifada", a-t-il ajouté.

L'envoyé de l'ONU au Proche-Orient, Nickolay Mladenov, a "fermement condamné" l'attaque, la jugeant "tout aussi dangereuse pour les Palestiniens que pour les Israéliens".

Le Hamas a "salué" l'attaque comme un "acte héroïque de la résistance", tandis que le Jihad islamique l'a qualifiée de "réponse aux crimes terroristes" d'Israël contre les Palestiniens.

Plus tôt dans la journée, Mahmoud Zahar, figure de proue de la ligne dure du Hamas avait appelé les Palestiniens à "prendre les armes" pour "défendre" l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam mais aussi le site le plus sacré pour les juifs qui le nomment le mont du Temple.

"L'Intifada a eu lieu (en 1987 et 2000) car toutes les données étaient réunies. Elles le sont encore davantage aujourd'hui", a affirmé M. Zahar, alors que le président palestinien Mahmoud Abbas dit maintenant redouter un troisième soulèvement de ce type.

- Affrontements en Cisjordanie -

En soirée, alors que la police israélienne bouclait toutes les entrées de la Vieille ville et que les Palestiniens étaient refoulés aux nombreux barrages, une cinquantaine de manifestants de l'extrême droite nationaliste israélienne ont défilé en direction de la Vieille ville aux cris de "guerre" et "le peuple demande vengeance", a constaté un photographe de l'AFP. Ils s'en sont ensuite pris à plusieurs Palestiniens, les frappant ou s'attaquant à leurs voitures.

En Cisjordanie, des colons venus de Bet-El, près de Ramallah, s'attaquaient à des Palestiniens des alentours. L'armée encerclait le camp de réfugiés de Jalazoune, d'où des Palestiniens armés tiraient à l'arme automatique, et des heurts ont fait au moins un blessé, un Palestinien hospitalisé après avoir été touché par une balle en caoutchouc au niveau de la bouche, selon médecins et policiers palestiniens.

Depuis la mi-septembre, de nombreux affrontements ont éclaté entre Palestiniens et policiers israéliens sur l'esplanade des Mosquées. Ces jeunes ont été évacués dans la soirée de la mosquée, alors que la fin des fêtes juives faisait redouter de nouveaux heurts.

Dans les ruelles commerçantes de la Vieille ville, des échauffourées ont également opposé chaque jour ces dernières semaines des musulmans interdits d'entrée sur l'esplanade - quand Israël impose des restrictions d'âge - et des juifs, se rendant en majorité au mur des Lamentations situé en contrebas.

A l'occasion des fêtes juives de Yom Kippour et de Soukkot, qui se termine lundi, et de l'importante fête musulmane de l'Aïd al-Adha, la police a déployé ces dernières semaines un millier d'hommes supplémentaires pour faire face à l'afflux de fidèles juifs dans la Vieille ville.

Et d'autres quartiers de Jérusalem-Est, partie palestinienne de la ville occupée et annexée par Israël, sont sous tension depuis plusieurs semaines.

Samedi en fin d'après-midi, à l'issue du shabbat juif, des colons sont descendus de colonies sauvages installées sur des collines des alentours de Naplouse pour s'en prendre à des Palestiniens. Dans le village de Bourin, ils ont échangé des jets de pierres avec des Palestiniens, sous le regard de soldats qui ont tiré des grenades lacrymogènes dont certaines ont enflammé des pans entiers de collines.

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