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03/10/2015 10:50 EDT | Actualisé 03/10/2016 01:12 EDT

Crise migratoire: Budapest prône la coopération avec Moscou (ministre)

L'afflux des migrants en Europe ne diminuera pas s'il n'y a pas de paix en Syrie et cela implique de coopérer avec la Russie, a estimé samedi le ministre hongrois des affaires étrangères Peter Szijjarto.

A la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU, le ministre a souligné que pour répondre efficacement à la crise migratoire il fallait s'attaquer à ses "causes profondes", et donc "intensifier les efforts internationaux" contre les jihadistes de l'Etat islamique et "faire la paix en Syrie" par la négociation.

Ces deux objectifs impliquent une "coopération étroite entre la communauté transatlantique et la Russie", a-t-il affirmé, alors que la Russie est vivement critiquée par les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne pour ses frappes aériennes en Syrie et son soutien à Bachar al-Assad.

"Il est évident que si nous ne réussissons pas à faire la paix en Syrie la pression migratoire sur l'Europe ne diminuera pas", a-t-il expliqué.

"Or il n'y aura pas de progrès, pas de possibilité de résoudre la crise en Syrie sans un accord et une coopération pragmatique entre la communauté transatlantique et la Russie", a-t-il ajouté.

M. Szijjarto, dont le gouvernement a adopté une ligne dure sur la migration, a une nouvelle fois réclamé des "quotas mondiaux de réinstallation des migrants" afin de mieux répartir le "fardeau" entre une Europe débordée et le reste du monde.

"Si la pression (migratoire) ne baisse pas, a-t-il estimé, l'Europe peut être déstabilisée", un risque déjà souligné par le Premier ministre populiste Viktor Orban.

La crise migratoire est "un défi mondial qui réclame des réponses mondiales et une participation mondiale", a-t-il ajouté. "Tous les acteurs importants doivent contribuer et l'ONU doit assumer un rôle dirigeant".

Pour sa part, l'Union européenne "doit reprendre le contrôle des frontières européennes" en créant notamment "une force conjointe européenne pour protéger les frontières extérieures" de l'UE, a-t-il dit.

Parmi les solutions à la crise migratoire mondiale, le ministre a aussi cité la lutte contre les passeurs et trafiquants, un renforcement des missions de maintien de la paix de l'ONU et une aide financière aux pays voisins de la Syrie (Jordanie, Liban, Turquie) qui accueillent le gros des quatre millions de réfugiés syriens.

La Hongrie a vu transiter près de 300.000 migrants depuis le début de l'année, venant notamment de Croatie et en route vers l'Autriche et l'Allemagne.

Elle est en train de finaliser l'installation d'une clôture barbelée à sa frontière croate, qu'elle entend rendre imperméable au migrants "dès que possible".

avz/lby