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03/10/2015 13:06 EDT | Actualisé 03/10/2016 01:12 EDT

Berlin veut débloquer de nouveaux fonds pour les victimes du dopage en RDA

Le gouvernement allemand veut consacrer 10,5 millions d'euros en 2016 à l'indemnisation des victimes du dopage en RDA communiste, et a appelé samedi le Comité olympique allemand (DOSB) à s'engager aussi pour dédommager quelque 1.000 victimes nouvellement identifiées.

"Nous espérons que le Bundestag (chambre basse du parlement allemand, ndlr) va approuver la mise à disposition de 10,5 millions d'euros dans le budget (2016), afin que l'argent puisse être versé aux victimes dès 2016", a déclaré samedi à la radio publique Deutschlandfunk le secrétaire d'Etat à l'Intérieur Ole Schröder.

Le sport relève en Allemagne de la compétence du ministère de l'Intérieur.

M. Schröder s'exprimait au jour du 25e anniversaire de la Réunification allemande, fêté en grande pompe dans le pays.

Par deux fois déjà, en 2002 puis en 2006, le gouvernement allemand et, dans une moindre mesure, le DOSB ont accordé une compensation financière aux victimes du dopage est-allemand. Celui-ci était une pratique courante en RDA qui, comme les autres pays du bloc communiste, voulait que ses succès sportifs témoignent de sa supériorité idéologique.

Le ministère de l'Intérieur a depuis identifié environ 1.000 victimes supplémentaires du dopage pratiqué en Allemagne de l'Est, raison pour laquelle il veut débloquer de nouveaux moyens financiers. Une enveloppe de 10,5 millions permettrait de verser à chacune 10.500 euros, soit le montant accordé lors des précédentes indemnisations.

Mais Berlin souhaiterait que les instances allemandes du sport mettent également la main à la poche. "C'était du dopage d'Etat mais c'était aussi un dopage coordonné par les instances du sport, c'est pour cela que je souhaite que le sport assume sa responsabilité et mette également 10,5 millions d'euros à disposition", a déclaré M. Schröder.

Le Comité olympique allemand est juridiquement l'héritier du comité national de RDA, qu'il a absorbé à la Réunification.

"Les victimes du dopage doivent être soutenues du mieux possible", a réagi le DOSB dans une déclaration samedi, en "saluant" la décision de Berlin de débloquer des nouveaux fonds, mais sans mentionner un éventuel apport de sa part.

Ines Geipel, présidente de l'association d'aide aux victimes du dopage (DOH), a salué l'initiative du gouvernement. "Mais ce dont nous avons besoin, encore plus qu'une aide ponctuelle, c'est un mécanisme sur le long terme", a-t-elle déclaré au SID, filiale d'information sportive de l'AFP.

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