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Cette femme transgenre questionne l'inclusivité du mouvement #FreeTheNipple

Rencontrez Courtney Demone, une femme transgenre qui est actuellement en train de subir un traitement hormonal substitutif.

Elle commence doucement à voir ses seins grossir et ce faisant, elle est au premier plan des doubles standards qui existent encore entre les hommes et les femmes.

Récemment, alors que Demone prenait du soleil sans haut à l’extérieur, sa colocataire lui a demandé : « Vu que tu es une femme maintenant, est-ce que ça veut dire que je ne peux plus te regarder sans chandail? ».

Ce commentaire l’a fait réfléchir sur l’attitude vis-à-vis du corps des femmes.

Dans un article paru sur Mashable, Demone questionne la censure imposée au corps féminin, mais aussi la définition étroite de féminité qui accompagne le mouvement #FreeTheNipple (libérez les mamelons).

Annoncant le lancement de sa campagne #DoIHaveBoobsNow?, soit « Est-ce que j’ai des seins maintenant ? », Demone demande ironiquement : « À quel point du développement de mes seins dois-je commencer à me couvrir les mamelons? ».

« Quand les gens commenceront à me voir comme une femme, mon privilège d’être à l’aise sans haut en public disparaîtra pour de bon, a-t-elle ajouté. Et nous pouvons changer cela. »

Si elle reconnaît l’efficacité de #FreeTheNipple, elle insiste qu’il y a encore beaucoup de chemin à faire. Le but de sa campagne est de « libérer tous les corps de l’oppression et de la censure », en encourageant les gens à utiliser les médias sociaux – les plateformes qu’on accuse directement de censure – pour publier et partager des histoires sur la manière dont la société traite leur corps.

« #FreeTheNipple a fait la preuve du sexisme, de l’hypersexualisation et de l’absurdité derrière le scandale qu’on fait du corps des femmes », a-t-elle observé.

« Par contre, le mouvement a échoué à reconnaître que de se montrer les mamelons n’était pas synonyme de liberté pour plusieurs femmes. Pour explorer ces idées et ces problèmes, #FreeTheNipple doit être poussé au-delà de la définition étroite de la féminité. »

« Depuis que je vis ma vraie vie comme femme, j’ai lentement commencé à voir mon privilège masculin s’évaporer. »

« C’est ma féminité et non pas le fait d’être transgenre qui m’a amenée à la perte de ce privilège. C’est la misogynie qui enlève aux femmes ce privilège », a-t-elle poursuivi.

Demone n’est pas la première femme trans à reconnaître le double standard de censure.

Plus tôt cette année, Seranine a publié une photo d’elle seins nus sur Instagram, après deux cents jours de thérapie hormonale. Le site l’a rapidement retirée.

C’est officiel! Instagram a retire ma photo seins nus, alors le débat est terminé, mes mamelons sont trop féminins pour être vus nus. J’imagine que ça veut dire que je suis vraiment une femme après tout, a-t-elle écrit. C’est un beau jour pour la misogynie. »

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