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01/10/2015 15:42 EDT | Actualisé 01/10/2016 01:12 EDT

Violences en Centrafrique: la présidente et Ban Ki-moon dénoncent une tentative de déstabilisation

La présidente centrafricaine Catherine Samba Panza a qualifié de "tentative de prise de pouvoir par la force" les violences qui ont éclaté samedi à Bangui, une conviction partagée par le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon selon lequel "ces violences visent à déstabiliser le pays".

"Il s'agissait ni plus ni moins d'une tentative de prise de pouvoir par la force", a affirmé Mme Samba Panza dans une allocution diffusée par la radio nationale, dès son retour de New York où elle participait à l'Assemblée générale des Nations unies.

"Il est évident que ces violences visent à déstabiliser le pays et mettre en péril le processus de transition", a déclaré à New York M. Ban en demandant à toutes les parties de "déposer les armes", à l'ouverture d'une réunion sur la Centrafrique en marge de l'Assemblée générale de l'ONU.

Après les violences des derniers jours, qui ont fait au moins 36 morts et près de 30.000 déplacés dans la ville - placée sous couvre-feu -, la nuit de mercredi à jeudi a été calme, selon des habitants joints par l'AFP.

Le retour à la normale s'est confirmé jeudi dans une large partie de la capitale. "Bangui retrouve un nouveau souffle ce matin!", s'exclamait un habitant.

Des bus et des taxis ont repris les dessertes des quartiers sud de la capitale, ont constaté des correspondants de l'AFP.

Le marché central a également rouvert, tout comme des commerces du centre-ville et de plusieurs quartiers périphériques où Casques bleus et soldats français de l'opération Sangaris patrouillaient.

Mais la tension restait perceptible dans une partie de la ville, notamment autour du quartier commerçant du PK-5, dernier bastion des musulmans restés dans Bangui et épicentre de toutes les flambées de violences dans la capitale.

Dans son allocution, la présidente a également dénoncé "une manipulation savamment orchestrée d'une partie de la population" pour l'inciter "à se soulever et à faire resurgir les conflits interconfessionnels (...) avec en toile de fond, le soulèvement de la population contre les forces internationales et certains pays amis".

Les manifestants qui tenaient les barricades réclamaient notamment la démission de Mme Samba Panza et le départ des Casques bleus et des soldats français de l'opération Sangaris déployés, dans le pays après les massacres intercommunautaires de fin 2013 et début 2014.

La présidente s'est également dit une nouvelle fois favorable au "désarmement sans discrimination" de tous les groupes armés qui pullulent dans le pays, alors que les élections présidentielle et législatives prévues en octobre vont être une nouvelle fois reportées.

Un référendum sur l'adoption d'une nouvelle Constitution - préalable à toute élection - était initialement fixé au 4 octobre. Mais les opérations de recensement électoral ne sont toujours pas achevées, alors que le 1er tour de la présidentielle avait été fixé au 18 octobre.

"Le 18 octobre (...) ce n'est pas réaliste, ce n'est pas faisable", a reconnu jeudi à New York le chef des missions de maintien de la paix de l'ONU, Hervé Ladsous, à la sortie d'une réunion consacrée à la RCA en marge de l'Assemblée générale des Nations unies.

"Mais l'objectif a été clairement réaffirmé par tout le monde: tenir les élections encore en 2015, et à bonne date", a-t-il martelé.

"Nous allons tenir nos engagements pour organiser ces élections dans les meilleurs conditions possibles en 2015", avait assuré la veille Mme Samba Panza dans un entretien avec la radio française RFI.

"Aucun effort ne doit être ménagé pour respecter le calendrier électoral", a quant à lui insisté jeudi à New York le représentant de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC), le ministre des Affaires étrangères gabonais Emmanuel Issoze-Ngondet, en appelant les partenaires et donateurs à combler le déficit pour l'organisation du scrutin.

Fin septembre, 1,5 million de Centrafricains s'étaient inscrits sur les listes électorales, a-t-il annoncé, ce qui représente près de 70% des électeurs sur une population d'environ 4 millions d'habitants.

Le Parlement de transition devrait se prononcer dans les prochains jours sur un nouveau calendrier électoral.

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