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01/10/2015 14:41 EDT | Actualisé 01/10/2016 01:12 EDT

Veille du débat au Québec: Mulcair et Duceppe tentent d'imposer l'enjeu

OTTAWA — À la veille du débat qui opposera quatre chefs, Gilles Duceppe, dernier dans les sondages au Québec, tente d'entraîner les trois autres sur son terrain. Et Thomas Mulcair, qui est encore premier au Québec mais voit ses appuis dégringoler, cherche à freiner sa chute.

Jeudi matin, Gilles Duceppe a réclamé des engagements de ses adversaires pour le maintien intégral du système de la gestion de l'offre.

Soupçonnant le gouvernement conservateur de sacrifier ce système pour obtenir une signature du Partenariat transpacifique (PTP), M. Duceppe a réclamé que M. Mulcair et Justin Trudeau s'engagent à soumettre toute entente signée à l'approbation du Parlement, après l'élection du 19 octobre.

M. Trudeau n'a pas voulu dire si, une fois élu, il se sentirait lié par une entente négociée par le gouvernement conservateur à quelques jours du scrutin. Il a réitéré son appui pour la gestion de l'offre, puis a souligné l'importance du commerce international et la nécessité de conduire ce genre de négociations «de la bonne façon».

De son côté, M. Mulcair a tenu un discours enflammé sur la nécessité de défendre «intégralement» le système de la gestion de l'offre. Il a affirmé que Stephen Harper n'avait pas le mandat, si près d'une élection, pour négocier pareille entente de libre-échange qui sacrifierait un système qui protège le gagne-pain de milliers de fermiers au Québec.

M. Harper n'a rien répondu à ces attaques. Il n'avait aucune activité publique, jeudi.

Mais trois de ses candidats québécois, Steven Blaney, Jacques Gourde et Maxime Bernier, avaient des manifestants à leurs portes. Des fermiers protestaient contre le possible sacrifice, en tout ou en partie, du système de la gestion de l'offre.

Trois chefs à Montréal

MM. Duceppe, Mulcair et Trudeau étaient tous trois sur l'île de Montréal jeudi matin. C'est là que le dernier débat opposant quatre des chefs en campagne se tiendra vendredi soir, au réseau TVA.

Dans un discours au Musée d'art contemporain, M. Mulcair a rodé quelques-uns des arguments qu'il utilisera dans le débat de vendredi. Il a tenté de convaincre les électeurs qu'il est le seul à incarner le changement, en appelant ainsi au désir de plusieurs électeurs de se débarrasser du gouvernement conservateur.

Il a pris les exemples de la loi C-51, du pipeline Keystone XL, de la diminution des impôts des grandes entreprises et des enjeux environnementaux pour dire que conservateurs et libéraux logent à la même enseigne.

Le chef libéral, lui, était à Pointe-Claire. Là, il a fait miroiter du financement fédéral pour un moyen de transport rapide vers l'aéroport qui porte le nom de son père.

M. Trudeau a souligné la promesse libérale d'investissements en infrastructure: 60 milliards $ en dix ans. Puis, il a dit retenir deux demandes montréalaises: un système de rail sur le pont qui remplacera le pont Champlain et un projet de train vers l'ouest de l'île.

M. Trudeau a assuré qu'un gouvernement libéral appuierait ces deux projets, affirmant que le projet d'un lien rapide entre le centre-ville et l'aéroport Pierre-Elliott-Trudeau avait suffisamment traîné.

En l'absence de M. Harper, jeudi, comme la veille, le ministre sortant des Finances, Joe Oliver, a fait une apparition publique. M. Oliver a promis qu'un gouvernement conservateur réélu imposerait des peines minimales aux fraudeurs.

Lina Dib, La Presse Canadienne