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01/10/2015 10:11 EDT | Actualisé 01/10/2016 01:12 EDT

Trêve, Usain Bolt du galop, vise un triplé historique dans l'Arc de Triomphe

"Elle court comme Usain Bolt!", selon son entraîneur, et comme le sprinteur jamaïcain, elle collectionne les victoires. La jument française Trêve semble bien armée pour viser un triplé historique dans le Prix de l'Arc de Triomphe dimanche à Longchamp.

Aucun pur sang n'a réussi à remporter trois fois le championnat du monde du galop, qui se disputera une nouvelle fois devant des milliers de spectateurs sur la distance classique de 2.400 mètres avec à la clé 5 millions d'euros, dont 2,86 pour le vainqueur.

La jolie jument pur sang à la robe baie (marron) qui possède une petite pelote blanche (tâche ronde) sur le chanfrein (haut de la tête) est née au Haras normand du Quesnay chez la famille Head.

"C'est mon père Alec qui a eu l'idée de croiser la jument Trévise à l'étalon Motivator, un cheval anglais réputé dur. Il a eu une bonne intuition", raconte Christiane Head-Maarek, entraîneur de la championne.

Aujourd'hui, grâce au brillant palmarès de sa fille, le prix de la saillie de Motivator est de 15.000 euros et il passerait à 20.000 euros si Trêve triplait la mise dans l'Arc.

Selon Christiane Head-Maarek dite "Criquette", Trêve a des qualités physiques hors norme. "Dans tous les sports, il y a des gens plus forts que les autres et c'est tombé sur elle! Elle court comme Usain Bolt! Ils vont plus vite que les autres", plaisante-t-elle.

Trêve a un physique parfait: une épaule large, une grande cage thoracique mais surtout un gros coeur, "son moteur", qui bat lentement.

"J'aime beaucoup ses yeux, très expressifs. Elle est franche et fait tout ce qu'on lui demande. C'est une battante", dit "Criquette" qui ouvre la porte de son établissement au public très tôt le matin.

Car depuis ses deux succès dans l'Arc en 2013 et 2014, la jument du cheik Joann Al Thani, âgée de 5 ans, est devenue une icône. Son fan club compte 100.000 membres, il existe une chanson "Fly Away Trêve", un hymne à sa gloire, et une foule de turfistes et de journalistes suivent ses entraînements depuis plusieurs semaines sur la piste des Aigles de Chantilly, près de Paris.

Elle est harnachée d'un simple filet, n'a pas de guêtres pour protéger ses longues jambes fines mais porte une ferrure adaptée. "Elle a des fers compensés avec du caoutchouc pour amortir les chocs car elle a un kyste sur l'os du pied gauche, le naviculaire", explique Mme Head précisant que "Trêve n'a pas de traitement de faveur".

- 'Elle aime les séances photos' -

Trêve entretient sa condition physique à 06H30 avec ses compagnons de box par de longues marches au pas et des galops de chasse.

"Elle est toujours dernière. C'est sûrement pour ça qu'elle veut être la première en course!", ironise Christiane Head-Maarek.

Pascal Galoche, son cavalier d'entraînement, monte Trêve depuis trois ans.

"Je n'ai jamais eu une telle complicité avec un autre cheval. Elle aime jouer et on se comprend d'un simple geste ou regard", commente-t-il.

Et Trêve, a-t-elle conscience de l'enjeu? "Le cheval a beaucoup de mémoire et son comportement nous laisse penser qu'elle sait ce qui se passe. D'ailleurs, elle aime les séances photos. De plus, elle est gentille avec l'homme et les autres chevaux", relate "Criquette".

Dimanche à Longchamp, son mentor "redoute surtout les 3 ans, notamment le Français New Bay et l'Anglais Golden Horn".

Si elle l'emporte encore grâce à sa redoutable pointe de vitesse, Trêve pourra continuer la compétition ou entrer au Haras de Bouquetot de son propriétaire.

"Si elle était à moi, je la garderais en course à 6 ans. L'enjeu économique est plus faible pour une jument que pour un étalon. Elle ne fera qu'un poulain par an", conclut Christiane Head-Maarek en quête, elle, d'un quatrième succès dans l'épreuve reine du galop mondial.

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