NOUVELLES
01/10/2015 06:17 EDT | Actualisé 01/10/2016 01:12 EDT

Russie: la compagnie aérienne Transaero pourrait finalement être mise en faillite

La deuxième compagnie aérienne russe, Transaero, étranglée par ses dettes et la crise économique, pourrait finalement être mise en faillite plutôt que reprise par sa concurrente Aeroflot, ont indiqué des responsables bancaires et gouvernementaux.

Le sort de la compagnie privée lancée en 1991 spécialisée dans les destinations de vacances lointaines et équipée essentiellement de Boeing relativement anciens pourrait être tranché dès jeudi lors d'une réunion gouvernementale.

Début septembre, la compagnie publique Aeroflot a lancé une offre sur 75% du capital de Transaero pour un rouble symbolique, sur consigne du gouvernement qui voulait éviter une paralysie des vols de la compagnie et des milliers de suppressions d'emplois.

Mais si Aeroflot a déjà pris le contrôle opérationnel de sa concurrente, elle n'a pas réussi à se mettre d'accord avec ses créanciers sur une restructuration de la dette. Elle n'a pas non plus réussi à obtenir les 75% du capital visés.

"Il ne sera probablement pas possible de sauver la compagnie", a déclaré jeudi à l'agence Ria-Novosti Guerman Gref, patron de la banque publique Sberbank, chargée du volet financier du sauvetage de Transaero.

"Il ne reste qu'une seule décision possible, il n'y en a pas d'autre", a indiqué une source gouvernementale, interrogé par Interfax sur une éventuelle faillite.

Interrogé mercredi sur cette hypothèse, le numéro deux du gouvernement Igor Chouvalov a répondu qu'il ne l'excluait pas. "Nous ne devons pas sauver l'entreprise, nous devons nous occuper des gens", a-t-il expliqué, relevant que la compagnie emploie plus de 10.000 personnes.

Transaero est étranglée par ses lourdes dettes depuis que le rouble s'est effondré fin 2014, plombé par la crise ukrainienne et la chute des cours du pétrole. La faiblesse de la monnaie alourdit les coûts liés au dollar, de la location en crédit-bail des avions à la maintenance technique en passant par le remboursement des crédits.

Sa situation est telle que selon le journal RBK, Aeroflot aurait menacé de cesser de payer le kérosène pour les avions dès cette semaine, faisant craindre une paralysie.

Le rachat de Transaero, qui a transporté plus de 5 millions de passagers pour les six premiers mois de l'année, renforcerait la position d'Aeroflot avec une part de marché de plus de 50%. Mais il alourdirait considérablement son endettement et poserait des difficultés d'intégration tant le profil des compagnies et leurs flottes diffèrent.

gmo/pop/mcj/jh

TRANSAERO AIRLINES

AEROFLOT - RUSSIAN AIRLINES