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01/10/2015 05:22 EDT | Actualisé 01/10/2016 01:12 EDT

Le Pakistan propose une démilitarisation du Cachemire à l'Inde

Le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif a proposé à l'Inde une nouvelle initiative de paix centrée sur la démilitarisation du territoire disputé du Cachemire, sous tension après un regain des incidents transfrontaliers meurtriers depuis l'an dernier.

Dans son discours prononcé mercredi devant l'Assemblée générale des Nations unies à New York, M. Sharif a présenté un plan de paix en quatre points visant selon lui a mettre fin à l'escalade des tensions entre les deux voisins, dotés de l'arme nucléaire et qui se sont livrés trois guerres depuis leur indépendance en 1947.

Il a notamment estimé que les deux pays devaient: respecter leur accord historique sur le Cachemire conclu en 2003, renoncer "aux menaces de faire usage de violence", réduire leur présence militaire dans la zone, notamment en retirant inconditionnellement tous leurs soldats qui se font face parfois à plus de 5.000 m d'altitude sur le glacier du Siachen.

"L'Asie du Sud a besoin de stabilité stratégique, et cela passe par un dialogue sérieux pour permettre la retenue en matière nucléaire, un équilibre conventionnel et une résolution du conflit", a déclaré Nawaz Sharif dans ce discours transcrit sur le site de l'ONU.

L'Inde, apparemment guère convaincue par ces propos, a répondu sur Twitter par le truchement du porte-parole de son ministère des Affaires étrangères Vikas Swarup: "La solution n'est pas de démilitariser le Cachemire, mais d'éradiquer le terrorisme au Pakistan".

Les deux pays s'accusent régulièrement de nourrir les provocations à la frontière, et de soutenir des groupes armés rebelles clandestins dans la partie du Cachemire administrée par l'autre.

Des observateurs côté indien considèrent de plus régulièrement les propositions de paix du gouvernement civil pakistanais comme vides de sens, le pouvoir réel, notamment sur les décisions stratégiques, étant concentré selon eux dans les mains de la puissante armée.

M. Sharif, déjà Premier ministre dans les années 1990, était revenu au pouvoir en 2013 en affichant son souhait de normaliser les relations avec l'Inde. L'arrivée au pouvoir l'année suivante côté indien de son homologue Narendra Modi avait également suscité des espoirs en ce sens. Mais ils ont depuis été déçus, les incidents transfrontaliers ayant augmenté et coûté plusieurs dizaines de vies parmi les civils et les militaires depuis 2014, ravivant largement les tensions bilatérales.

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