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01/10/2015 19:26 EDT | Actualisé 01/10/2016 01:12 EDT

L'Ontario et l'Alberta discutent de réduction des gaz à effet de serre à Toronto

TORONTO — L'Ontario et l'Alberta ont des approches différentes sur les changements climatiques, mais les premières ministres de ces deux provinces sont d'accord sur le fait que la réduction des gaz à effet de serre est un enjeu important directement lié à l'économie.

Les deux femmes ont notamment discuté de leur «engagement partagé» envers la protection de l'environnement et la lutte contre les changements climatiques, a indiqué la leader du gouvernement néo-démocrate de l'Alberta, Rachel Notley, jeudi, après une rencontre à Toronto.

Un comité d'évaluation des impacts des changements climatiques mène en Alberta des consultations dans tous les secteurs économiques, y compris le secteur de l'énergie, et cherche à réduire la quantité de charbon brûlé pour générer l'électricité de la province, a-t-elle ajouté.

La province développera une politique équilibrée entre la gestion environnementale et «la croissance durable et économiquement saine» du secteur de l'énergie de l'Alberta. 

L'Ontario a déjà fermé toutes ses centrales électriques au charbon et a décidé de mettre en vigueur un système de plafonnement et d'échange pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, alors que l'Alberta a déjà une tarification du carbone en place.

Il y a 1100 compagnies ontariennes qui dépendent des sables bitumineux de l'Alberta pour leur survie, a indiqué la première ministre libérale de l'Ontario, Kathleen Wynne. La province a donc un intérêt manifeste pour ce secteur.

À propos de l'impact environnemental du projet Énergie Est, Mme Notley a admis que l'Alberta aurait pu mieux expliquer la nécessité de l'oléoduc pour diversifier son marché énergétique.

«Je sens que de meilleures discussions doivent avoir lieu sur cet enjeu, a-t-elle affirmé. Je pense que l'on peut changer le cadre de travail et changer la manière de mener la conversation, et nous pourrions ultimement discuter des avantages économiques et des conséquences environnementales de cet oléoduc.»

«Un projet comme cet oléoduc ne devrait pas monter les provinces l'une contre l'autre, a pour sa part indiqué Mme Wynne. Il devrait permettre de tenir une conversation qui reconnaît ses bénéfices économiques et les besoins économiques de toutes les provinces.»

La première ministre albertaine en a par ailleurs profité pour déclarer de nouveau son soutien à la proposition de bourse du carbone du chef néo-démocrate fédéral, Thomas Mulcair, après l'avoir d'abord dénigrée lundi à Montréal. Le lendemain, elle a minimisé ses réserves et jeudi, elle a encore vanté le projet qui, selon elle, laissera les provinces décider des plans provinciaux qui leur seront adaptés.

«L'aspect qui plaît aux Albertains dans ce plan est qu'il respecte le pouvoir des provinces de faire leurs propres plans qui reflètent leur profil économique et industriel. C'est pourquoi je pense que l'on peut travailler en fonction de ce plan», a-t-elle déclaré.

Keith Leslie, La Presse Canadienne