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01/10/2015 07:12 EDT | Actualisé 01/10/2016 01:12 EDT

L'armée afghane annonce avoir repris Kunduz aux talibans

Les forces afghanes ont affirmé jeudi avoir repris aux talibans le contrôle du centre-ville de Kunduz, carrefour stratégique du nord, même si des combats sporadiques se poursuivaient dans la journée avec les rebelles islamistes.

La reprise de Kunduz, si elle devait se confirmer, serait loin de marquer pour Kaboul une victoire sur le long terme contre les talibans, chassés du pouvoir par les Occidentaux à la fin 2001 et qui combattent depuis férocement le gouvernement afghan et ses alliés de l'Otan.

"Les forces afghanes ont repris le contrôle de Kunduz", a déclaré Sediq Sediqqi, porte-parole du ministère de l'Intérieur. Plusieurs habitants ont confirmé à l'AFP que l'armée avait repris dans la nuit au moins plusieurs quartiers centraux de la ville aux rebelles, qui s'en étaient emparés lundi à la faveur d'une offensive éclair.

Les talibans ont de leur côté officiellement démenti dans la matinée tout recul, leur porte-parole Zabihullah Mujahid assurant même que ses combattants avaient "repoussé les envahisseurs et les forces du gouvernement fantoche" hors de Kunduz.

Mais un commandant rebelle interrogé par l'AFP sous couvert d'anonymat a indiqué que les talibans étaient en train de quitter la ville, ouvrant la voie à sa reprise totale par le gouvernement. "Les talibans ont quitté la plupart des quartiers, mais cette retraite fait partie d'une stratégie. Notre but (en attaquant la ville) était de montrer notre force, et nous avons réussi. Nous avons prouvé que nous pouvons prendre n'importe quelle ville quand nous le voulons", a-t-il expliqué.

Or, si le centre-ville a été rendu à ses habitants, des combats se poursuivaient à la périphérie. "Il y a des combats violents à 2-3 kilomètres de la ville", a déclaré à l'AFP Mangal, un médecin qui s'est réfugié dans le sous-sol de sa maison avec une quarantaine de voisins, incluant des femmes et des enfants.

"Les opérations de dégagement vont encore prendre du temps, car des talibans tirent depuis les maisons et ils ont installé des engins explosifs", a d'ailleurs prévenu le porte-parole du ministère de l'Intérieur.

- Frappes américaines -

La prise de cette ville, important verrou stratégique situé sur la route menant au Tadjikistan, lundi en seulement quelques heures, puis son occupation par les insurgés resteront dans tous les cas comme un très grave revers pour le président Ashraf Ghani, en place depuis tout juste un an, et les forces armées, seules en première ligne depuis la fin de la mission de combat de l'Otan en décembre dernier.

L'Alliance ne compte plus que 13.000 soldats en Afghanistan, cantonnés à un rôle de conseil et de formation. Mais face à la débâcle des troupes afghanes, des soldats allemands, américains et britanniques des forces spéciales ont été envoyés à Kunduz. L'armée américaine a également procédé à plusieurs frappes aériennes contre les talibans.

Sur un terrain plus symbolique, Abdul Rahman, un habitant, a affirmé que le drapeau tricolore de l'Afghanistan avait remplacé la bannière blanche frappée de la chahada, la profession de foi musulmane, des talibans, hissée sous les vivats des insurgés lundi sur la place principale de Kunduz. "Les talibans ont encaissé de lourdes pertes", a-t-il ajouté.

Au cours des trois jours d'occupation, qui a poussé des milliers d'habitants à fuir, au moins 49 personnes ont été tuées et 330 ont été blessées, selon une source sanitaire. Jeudi, les magasins étaient fermés, la nourriture commençaient à manquer tandis que l'eau et l'électricité étaient coupées dans de nombreux quartiers de cette ville de 300.000 habitants.

- Pourparlers de paix -

La prise de Kunduz intervient tout juste un an après l'avènement du gouvernement d'union nationale d'Ashraf Ghani, élu sur la promesse de ramener la paix dans son pays déchiré par plus de 30 ans de conflit.

Elle constitue le premier grand succès du nouveau chef des talibans, le mollah Akhtar Mansour, couronné cet été après l'annonce tardive de la mort du mollah Omar, et dont l'autorité avait depuis été mise à mal par des divisions internes.

"Les talibans savent qu'ils n'ont pas les moyens de garder le contrôle d'une grande ville comme Kunduz. Mais la prise de la ville montre tout le poids qu'ils auront lors de futurs pourparlers de paix", estime l'analyste militaire Atiqullah Amarkhil.

Ces négociations directes, dont un premier round s'est tenu au Pakistan en juillet, avaient été abruptement suspendues à l'annonce de la mort du mollah Omar.

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