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01/10/2015 04:43 EDT | Actualisé 01/10/2016 01:12 EDT

En Thaïlande, des sites gouvernementaux bloqués pour dénoncer un plan de censure à la chinoise

La Thaïlande a annoncé jeudi que plusieurs sites gouvernementaux avaient été brièvement bloqués par des opposants à son projet de contrôle de l'accès à internet, dénoncé comme une "Grande muraille" à la chinoise.

Le site du ministère de l'Information, des Communications et des Technologies, en charge de ce projet, a notamment été rendu inaccessible pendant plusieurs heures mercredi soir, après l'envoi coordonné d'une multitude de requêtes.

Somsak Khaosuwan, haut-responsable du ministère, a confirmé à l'AFP que cette attaque était "une action symbolique" menée par des opposants au projet de limitation à une unique passerelle internet unique entre le réseau mondial et le réseau thaïlandais, perçu comme un outil de censure.

Des dizaines de milliers d'internautes ont signé une pétition sur Change.org contre ce projet, discrètement annoncé sur un site du gouvernement.

Internet fait figure de rare espace de liberté dans ce pays où il est interdit de manifester. La junte arrivée au pouvoir par un coup d'Etat en mai 2014 a multiplié les poursuites contre les internautes, notamment pour toute publication jugée anti-monarchiste, dans ce royaume doté d'une des lois de lèse-majesté les plus drastiques au monde. Un homme a été ainsi condamné en août à 30 ans de prison pour des messages publiés sur Facebook jugés insultants pour la famille royale.

Les comparaisons avec la censure chinoise, surnommée le "Great Firewall", jeu de mot en anglais qui mélange les termes "Grande Muraille" ("Great Wall") et pare-feu ("firewall") se sont multipliées.

Pour l'heure, en Thaïlande, Twitter, Facebook et Youtube sont accessibles, contrairement à la Chine. La "cyberpolice" se contente d'empêcher au cas par cas l'accès à des sites au contenu jugé sensible.

tp-dth/alc

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