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01/10/2015 13:26 EDT | Actualisé 01/10/2016 01:12 EDT

Climat: une "marche très importante" franchie (négociatrice française)

Laurence Tubiana, la négociatrice française dans les discussions pour un accord mondial sur le climat, a qualifié jeudi de "première marche très importante" les engagements présentés à ce stade par plus de 140 pays, à deux mois du début de la conférence climat de Paris (COP21).

"Nous nous rapprochons du scénario qu'on est en train de rechercher", a-t-elle confié à l'AFP en commentant les travaux du Carbon action tracker (CAT), qui a estimé jeudi que les engagements connus à ce jour en matière de réduction d'émissions de gaz à effet de serre permettraient théoriquement de contenir le réchauffement à 2,7°C au cours du 21e siècle.

La communauté internationale s'est donné comme objectif de limiter la hausse moyenne du thermomètre mondial à 2°C par rapport à l'ère pré-industrielle, seuil au-delà duquel les impacts seront graves et irréversibles pour de nombreuses populations.

Les Nations unies avaient fixé au 1er octobre l'annonce des objectifs nationaux des pays, afin de pouvoir les prendre en compte dans une évaluation de leur impact global attendue le 30 octobre.

Jeudi, 141 des 195 pays membres de la Convention climat de l'Onu, représentant environ 80% des émissions de gaz à effet de serre actuellement, avaient communiqué leurs objectifs climat. "D'autres le feront d'ici Paris", a assuré Laurence Tubiana.

Pour l'ambassadrice française, "141 pays, c'est une très très bonne nouvelle" et même "un formidable signe d'adhésion au futur accord de Paris" car "il y a un an beaucoup de pays en voie de développement se demandaient s'ils allaient le faire".

Prévoir les sources de production et les consommations d'énergie pour après 2020 "est un exercice compliqué, cela implique une vision de plusieurs secteurs de l'économie", a-t-elle souligné.

La négociatrice a cité au chapitre des "bonnes surprises", en termes d'ambition, "le Brésil, le Costa-Rica, la Gambie", des pays qui proposent "de grandes transformations" vers une économie "bas carbone", c'est-à-dire ne reposant pas sur les énergies fossiles.

Interrogée sur l'écart persistant avec l'objectif affiché de 2°C, Laurence Tubiana a estimé que l'accord de Paris "devra fixer les règles qui permettront aux pays de progresser dans le temps".

Selon cette économiste, "à l'avenir, les pays pourront être plus ambitieux, car les technologies vont progresser, les coûts vont baisser, comme cela s'est passé dans l'énergie solaire".

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