NOUVELLES
01/10/2015 14:08 EDT | Actualisé 01/10/2016 01:12 EDT

Burundi: l'UE adopte des sanctions contre 4 personnes impliquées dans la répression

L'Union européenne a adopté jeudi des sanctions contre quatre Burundais impliqués dans la répression contre les manifestants qui s'opposaient à un troisième mandat du président Pierre Nkurunziza.

L'UE a adopté "des restrictions en matière de déplacements et un gel des avoirs à l'égard de" ces quatre personnes, a indiqué le Conseil européen, qui représente les 28 Etats membres, dans un communiqué.

Elles sont impliquées dans "des actes de violence, de répression, ou d'incitation à la violence, y compris par des actes constituant des atteintes graves aux droits de l'Homme", selon le communiqué.

Interrogée par l'AFP, une source diplomatique européenne a confirmé les identités des quatre personnes révélées par le blog spécialisé dans les questions de défense Bruxelles2, qui reproduit en partie les raisons invoquées par l'UE pour les inscrire sur cette liste noire.

La première est Godefroid Bizimana, directeur général adjoint de la police nationale, accusé d'avoir pris "des décisions opérationnelles ayant entraîné un recours disproportionné à la force et des actes de répression violente".

La deuxième est le chef de cabinet de l'administration présidentielle chargé de la police nationale, Gervais Ndirakobuca, alias Ndakugarika, est "responsable des actes de violence, notamment les 26, 27 et 28 avril dans les quartiers de Nyakabiga et Musaga à Bujumbura" aux yeux de l'UE.

Un agent des service des renseignement, Mathias-Joseph Niyonzima alias Kazungu, est le troisième sur cette liste noire de l'UE. Il serait l'un des responsables encadrant la milice Imbonerakure, la Ligue des jeunes du parti présidentiel, dont le rôle dans la répression a été dénoncé par l'UE.

Enfin, l'ex-général Léonard Ngendakumana, que l'UE juge "responsable d'attaques à la grenade, ainsi que d'incitations à la violence", est également visé par ces sanctions individuelles, qui seront publiées en détail au Journal officiel de l'UE vendredi.

Des sources diplomatiques avaient indiqué mardi à l'AFP que l'UE allait adopter jeudi des sanctions contre quatre membres du régime de Pierre Nkurunziza, dont le troisième mandat contesté a entraîné le pays dans une spirale de violence.

Le président du Burundi ne figure pas parmi les quatre personnes visées car "les Européens veulent donner une chance au dialogue" avec lui, avait précisé un diplomate basé à Bruxelles.

Sa candidature fin avril à un troisième mandat a plongé le Burundi dans une grave crise, marquée par des manifestations étouffées via une sanglante répression, et par une tentative déjouée de coup d'Etat militaire.

Les principaux responsables de l'opposition et de la société civile burundaise considèrent ce troisième mandat contraire à la Constitution et à l'accord d'Arusha ayant mis fin à la guerre civile au Burundi qui fit 300.000 morts entre 1993 et 2006.

L'opposition avait boycotté l'élection qui a reconduit Pierre Nkurunziza au pouvoir le 21 juillet, lors d'une présidentielle jugée non crédible au niveau international.

clp-axr-may/agr/dab