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01/10/2015 14:04 EDT | Actualisé 01/10/2016 01:12 EDT

Afghanistan : des viols collectifs commis par les talibans dans Kunduz occupée (Amnesty)

Les talibans ont fait régner "la terreur", violé des femmes et commis des assassinats de masse dans Kunduz, ville du nord afghan qu'ils ont prise en début de semaine, a rapporté Amnesty International jeudi, en se basant sur le témoignage de civils qui ont fui.

Les rebelles talibans ont "violé les femmes et tué les proches, dont des enfants, de cadres de la police et de soldats" à Kunduz, assure l'ONG dans un communiqué publié jeudi, alors que l'armée afghane avait largement repris la ville aux insurgés islamistes, dont le régime était régulièrement épinglé pour les discriminations qu'il faisait subir aux femmes.

Après avoir pris Kunduz en quelques heures lundi, les talibans ont promis d'appliquer leur vision rigoriste de la charia (loi islamique) dans la ville et de "faire respecter la loi et maintenir l'ordre", mais "ils ont fait exactement le contraire. Je ne sais vraiment pas qui peut nous venir en aide", s'est alarmée une militante des droits de l'Homme citée par Amnesty. Et l'ONG d'évoquer le sort d'une sage-femme de l'hôpital de Kunduz "violée par plusieurs talibans, puis tuée avec une collègue parce qu'elles étaient accusées de dispenser des services de santé reproductive".

Les talibans, galvanisés par leur victoire éclair sur l'armée afghane, ont également établi des "listes de personnes à abattre", des militants des droits de l'Homme, des fonctionnaires et des journalistes, dont ils ont trouvé les coordonnées dans les registres de l'antenne locale du renseignement afghan prise lundi, note l'ONG.

Amnesty incite les autorités à poursuivre et à enquêter sur "tous les talibans soupçonnés de violation des droits de l'Homme, sans que la justice ait la possibilité d'avoir recours à la peine de mort", en vigueur en Afghanistan.

Les talibans, au pouvoir de septembre 1996 à l'intervention occidentale à l'automne 2001, étaient coutumiers des exécutions pour des crimes contrevenant à leur définition rigoriste de la charia, la loi islamique. Nombre de mises à mort se faisaient alors en public, à l'instar des lapidations de femmes adultères.

Quatorze ans plus tard, les civils payent le plus lourd tribut au conflit. Dans la première moitié de cette année, les violences ont tué 1.592 d'entre eux et en ont blessé 3.329, selon la mission de l'ONU en Afghanistan (Unama).

gde/amd