POLITIQUE
30/09/2015 01:14 EDT | Actualisé 30/09/2016 05:12 EDT

Soins à domicile : Justin Trudeau promet 3 milliards $ et une reprise des négociations avec les provinces

SURREY _ Justin Trudeau promet 3 milliards $ sur quatre ans pour améliorer les services de soins à domicile, et un montant additionnel non spécifié pour réduire les coûts des médicaments d'ordonnance et pour élargir les services de santé mentale.

Les promesses de M. Trudeau dépendent de la négociation d'un nouvel accord de financement en santé à long terme avec les provinces, qui ont compétence exclusive sur les soins de santé et pourraient avoir des vues divergentes sur la manière de dépenser les transferts fédéraux en santé.

Le chef libéral a assuré qu'il n'imposerait pas son ordre du jour aux provinces, mais s'est dit confiant de voir ses priorités partagées par les premiers ministres.

"Chacune des provinces est aux prises avec une population vieillissante et un besoin de meilleurs soins à domicile", a fait valoir M. Trudeau, après avoir dévoilé son programme de soins de santé, mercredi, dans une résidence pour personnes âgées de Surrey, en Colombie-Britannique.

"Nous sommes déterminés à renégocier, à nous engager de nouveau envers les accords sur les soins de santé et les transferts en santé, avec les provinces, et nous amenons sur la table 3 milliards $ pour un aspect qui a été une priorité pour les provinces et les Canadiens, soit des investissements plus importants dans les soins à domicile", a-t-il ajouté.

M. Trudeau ne s'est pas engagé à augmenter les transferts en santé de six pour cent par année, une progression contenue dans l'entente fédérale-provinciale en santé de 2004 qui est arrivée à échéance l'an dernier.

Le gouvernement conservateur de Stephen Harper n'a pas tenté de négocier un nouvel accord; il a plutôt décidé unilatéralement qu'il réduirait la croissance des transferts en santé et en a informé les provinces. partir de 2017, les augmentations des paiements fédéraux en santé doivent correspondre à la croissance économique nominale, avec un seuil minimal de trois pour cent. Ce changement pourrait entraîner un recul de près de 36 milliards $ en transferts pour les provinces sur dix ans.

"Nous avons besoin d'un gouvernement fédéral qui est prêt à s'asseoir et travailler avec les provinces, qui n'impose pas ses vues aux provinces, mais établit des cibles et des attentes claires", a dit M. Trudeau.

Le chef néo-démocrate Thomas Mulcair ne s'est pas non plus engagé à rétablir la progression de six pour cent, bien qu'il ait promis il y a un an qu'il s'agirait d'une des priorités d'un gouvernement du NPD une fois l'équilibre budgétaire atteint.

M. Mulcair a plutôt promis d'investir 5,4 milliards $ sur quatre ans pour les services de santé et les soins aux personnes âgées, ce qui signifie aussi de travailler avec les provinces pour établir un programme universel de médicaments d'ordonnance, embaucher davantage de médecins et d'infirmières, construire plus de cliniques et élargir les soins à domicile.

M. Mulcair a également fait face à des questions pour savoir si le financement prévu serait conditionnel à l'acceptation de ses priorités par les provinces. Il a été à tout le moins clair concernant le Québec, disant lors du premier débat en français, la semaine dernière, que la province pourrait recevoir l'argent sans conditions.

Mercredi matin à Surrey, le chef libéral a souligné la statistique largement évoquée la veille: il y a dorénavant plus de Canadiens âgés de plus de 65 ans que de Canadiens âgés de moins de 15 ans. Selon le chef libéral, depuis dix ans, le gouvernement conservateur ne s'est pas préparé pour ce changement démographique majeur, qui a un impact sur les soins de santé.

M. Trudeau estime que les provinces ont besoin d'un leadership fédéral dans le dossier de la santé. Il veut faire des soins à domicile une question prioritaire.

Par ailleurs, le chef libéral a présenté une fois de plus ses arguments pour multiplier les dépenses, quitte à provoquer des déficits budgétaires jusqu'en 2019. M. Trudeau a souligné que les taux d'intérêt sont au plus bas, que la croissance économique est au ralenti, qu'il y a trop de chômeurs. Si ce n'est pas là le moment idéal pour "investir", ce serait quand, a-t-il demandé.

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