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27/09/2015 08:46 EDT | Actualisé 27/09/2015 08:50 EDT

Fernando Alonso, frustré, s'en prend à Honda sur son circuit

McLaren driver Fernando Alonso of Spain addresses the media at the Spa-Francorchamps circuit, Belgium, Thursday, Aug. 20, 2015.  The Belgium Formula One Grand Prix will be held on Sunday. (AP Photo/Geert Vanden Wijngaert)
ASSOCIATED PRESS
McLaren driver Fernando Alonso of Spain addresses the media at the Spa-Francorchamps circuit, Belgium, Thursday, Aug. 20, 2015. The Belgium Formula One Grand Prix will be held on Sunday. (AP Photo/Geert Vanden Wijngaert)

"J'ai un moteur de GP2 !": Fernando Alonso, double champion du monde incapable de résister aux assauts des débutants Carlos Sainz et Max Verstappen, s'en est ouvertement pris dimanche à son employeur Honda, sur le circuit de Suzuka appartenant au motoriste.

Le fier Espagnol a fini la course hors des points, 11e. Son coéquipier britannique Jenson Button a fait pire encore, 16e. A Suzuka, les fans japonais ont donc assisté à une humiliation à domicile. Et cela 25 ans après les titres à répétition d'Ayrton Senna et Alain Prost dans des McLaren-Honda.

Quand Verstappen, 17 ans, dont la Toro Rosso est équipée d'un moteur Renault, pourtant pas le meilleur du plateau, a facilement doublé Alonso, celui-ci a craqué: "J'ai un moteur de GP2", la catégorie inférieure, a dit l'Espagnol sur la radio de bord. "Quand on voit les pilotes avec lesquels on se bat, c'est embarrassant", a-t-il ajouté un peu plus tard.

Ces propos ont été largement repris sur les réseaux sociaux, instantanément, et l'idée d'une séparation en fin de saison a réapparu, même s'il est sous contrat jusqu'en 2017. Car Honda voulait absolument Alonso, le paie plus de 20 millions d'euros par an (environ 22,3 millions en dollars) mais n'arrive pas à lui fournir un moteur digne de son talent et de son palmarès.

"C'est frustrant. J'étais frustré", a expliqué le double champion du monde, un peu plus calme, après la course. "Notre déficit de puissance nous pénalise. J'ai l'impression de piloter une voiture d'une autre catégorie. Je dois sans cesse regarder dans mes rétroviseurs. C'est très difficile de rouler dans ces conditions", a-t-il ajouté, confirmant en tous points ses propos antérieurs.

Button avait lancé les hostilités dès jeudi en expliquant "avoir perdu le plaisir" de piloter sa F1: "Je n'aime pas terminer 10e ou 14e, ce n'est pas ce qui me passionne. Aucun pilote n'est heureux quand il ne se bat pas pour la victoire", a déclaré le champion du monde 2009. A son âge (35 ans), il est très intéressé, comme Alonso (34 ans), par les 24 Heures du Mans et le championnat du monde d'endurance (WEC). Il ne le cache plus.

Button et Alonso gambergent

"Si l'on veut trouver du positif, on dira qu'on s'améliore au niveau fiabilité", a dit Alonso dimanche soir. "Nos deux voitures sont à l'arrivée. On atténue nos points faibles mais il faut être réalistes, on ne doit plus en attendre grand chose de cette saison", a jugé l'Espagnol.

Honda est bridé dans son développement, comme Renault, par le carcan actuel des règlements de la F1, avec un système de jetons "qui ne fonctionne pas", selon le patron de Renault Sport F1, Cyril Abiteboul. Il empêche Renault et Honda de rattraper plus vite leur retard sur Mercedes, ajoute le directeur de la compétition de McLaren, Eric Boullier.

Du coup, Alonso réfléchit et gamberge, comme Button. Dimanche, il a dit "avoir l'intention de rester chez McLaren la saison prochaine" mais il n'a pas été 100% affirmatif. "La saison prochaine ? Je ne sais pas. Pour le moment, je me concentre sur les six derniers Grands Prix 2015", a-t-il répondu. 

"Mon intention est de rester mais nous devons faire en sorte d'être sûrs que la voiture s'améliore. Je veux gagner. Avec McLaren, nous voulons gagner ensemble. La question, c'est quand ? Le problème, c'est le temps que cela prendra...", a-t-il lâché.

Confronté à ces déclarations, Ron Dennis, le patron de McLaren, a immédiatement réagi au micro de la BBC, rappelant que "les deux pilotes sont sous contrat" pour l'année prochaine.

La situation mathématique n'aide pas non plus: McLaren est toujours 9e et avant-dernier du championnat constructeurs, devant Manor GP (zéro point), avec seulement 17 unités. Très loin des 506 points de Mercedes-AMG...

La presse britannique s'est engouffrée dans la brèche et voit déjà Alonso à Enstone l'an prochain, pour un 3e retour chez Renault F1, si la marque française avec laquelle il a été deux fois sacré (2005, 2006) rachète enfin l'écurie Lotus. Après deux passages chez McLaren (2007, 2015), la boucle serait vraiment bouclée pour le champion espagnol.

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