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26/09/2015 10:21 EDT | Actualisé 26/09/2016 01:12 EDT

Un premier Canadien perd sa citoyenneté en vertu d'une nouvelle loi conservatrice

En pleine campagne électorale, le gouvernement conservateur utilise pour la première fois son nouveau pouvoir de révoquer la citoyenneté d'un Canadien. Zakaria Amara, le chef du groupe terroriste Toronto 18, démantelé il y a neuf ans, a été avisé de la décision de Citoyenneté et Immigration Canada. 

Zakaria Amara purge une peine de prison à vie au Québec. Le ressortissant jordanien pourrait être déporté dans son pays d'origine à la fin de son incarcération. Il a 60 jours pour contester la décision. 

« Cet homme haïssait tellement le Canada qu'il planifiait de tuer des centaines de Canadiens. Il a donc abandonné lui-même sa citoyenneté », a réagi le ministre de la Défense, Jason Kenney, sur Twitter. 

La loi C-24, qui est entrée en vigueur au mois de mai, permet de retirer la citoyenneté canadienne aux individus qui ont une double citoyenneté s'ils sont reconnus coupable de terrorisme.

La loi s'applique également aux citoyens reconnus coupables de trahison et d'espionnage pour les gouvernements étrangers, ainsi qu'aux membres de groupes armés avec lesquels le Canada est en guerre.

Les libéraux et néo-démocrates y sont fermement opposés. 

Un peu plus d'une demi-douzaine de Canadiens ont été avisés à ce jour que le gouvernement envisageait de révoquer leur citoyenneté.

Un enjeu politique

Thomas Mulcair et Justin Trudeau ont tous deux promis, s'ils sont élus, d'abolir cette loi qui créent selon eux « deux niveaux » de citoyens. « Aucun élu ne devrait jamais avoir le pouvoir exclusif de révoquer la citoyenneté canadienne. Sous un gouvernement libéral, il n'y aura pas de citoyenneté à deux vitesses. Un Canadien est un Canadien », a déclaré le chef libéral vendredi dernier.

Sur son site Internet de campagne, le candidat conservateur Jason Kenney a lancé une pétition pour demander aux chefs libéral et néo-démocrate « d'arrêter de défendre les droits des terroristes condamnés et de soutenir plutôt les droits des citoyens canadiens qui respectent la loi ». 

Selon l'Association des droits civils de la Colombie-Britannique, un autre membre du « Toronto 18 », Asad Ansari, pourrait aussi perdre sa citoyenneté canadienne en vertu de la nouvelle loi.

Qu'est-ce que le Toronto 18?

En juin 2006, la police avait perquisitionné des résidences de Toronto et de Mississauga et arrêté 17 personnes liées à deux complots au niveau local. Un autre homme avait aussi été arrêté deux mois plus tard. Le groupe, qui comptait notamment des mineurs, avait été baptisé le Toronto 18.

Influencé par l'organisation terroriste Al-Qaïda, le Toronto 18 avait deux objectifs : faire exploser une bombe à la bourse de Toronto et dans des tours importantes de la province et créer une cellule d'Al-Qaïda importante à Toronto pour que le Canada retire ses troupes d'Afghanistan.

Des 18 membres du groupe, sept adultes ont plaidé coupables aux accusations qui pesaient contre eux. Les tribunaux ont condamné quatre autres membres du groupe, dont un jeune qui avait été traité comme un adulte. Les peines allaient de deux ans et demi de prison à un enfermement à vie.

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