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26/09/2015 07:30 EDT | Actualisé 26/09/2016 01:12 EDT

Partenariat transpacifique : les inquiétudes des fermes laitières se concrétisent

Des producteurs de laits québécois s'inquiètent grandement d'apprendre que le Canada se préparerait à ouvrir sa frontière à davantage de produits laitiers américains, sans que les États-Unis offrent un accès réciproque aux producteurs du pays. 

Les négociateurs en chef de 12 pays, dont le Canada, sont réunis à Atlanta pour tenter de conclure un accord de Partenariat transpacifique, qui vise à créer une zone de libre-échange de presque tous les biens et services entre les pays concernés.

Selon ce que rapporte CBC, le Canada serait prêt à accepter beaucoup plus de lait, de beurre, de fromage, de yogourt et autres produits laitiers provenant des États-Unis. Le pays offrirait une part de « 9 % à 10 % » de son marché des produits laitiers aux Américains. 

Bruno Letendre, président de la Fédération des producteurs de lait du Québec, se dit extrêmement inquiet. « C'est 10 % de la consommation, tous produits confondus », lance-t-il.

« On en donne déjà deux fois plus que les Américains. Les Américains importent environ 2 % ce qu'ils consomment [comme produits laitiers], et nous autres, on est à près de 10 % déjà. On n'a pas à en donner plus », ajoute Bruno Letendre.

Un modèle menacé?

Denis Paquet, qui exploite une ferme laitière familiale à Sainte-Croix, dans Lotbinière, est également préoccupé par les concessions que le gouvernement fédéral s'apprêterait à faire dans le cadre des négociations sur le Partenariat transpacifique.

Avec une plus grande ouverture du marché canadien, c'est le modèle même des petites fermes laitières qui est menacé, estime M. Paquet.

Ce dernier ajoute que les fermes laitières québécoises, qu'on compte par centaines, sont déjà fragiles en raison des coûts de production, qui sont plus élevés au Québec, notamment en raison du climat. Le fait d'ouvrir les frontières à davantage de lait américain pourrait être fatal.

« C'est très inquiétant, parce qu'ici, au Québec, on a des normes environnementales à respecter. La température n'est pas toujours clémente, la saison de la végétation est courte. Alors, c'est dur de compétitionner avec les autres pays », dit-il.

Rappelons qu'il y a une semaine, les candidats conservateurs Maxime Bernier et Jacques Gourde ont tenté de rassurer l'industrie laitière en affirmant que tout nouveau traité de libre-échange signé par le Canada dans le cadre du Partenariat transpacifique protégerait l'industrie laitière.

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