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Mexique: un procureur spécial instauré pour enquêter sur les personnes disparues

MÉXICO — Le président mexicain va instaurer un nouveau procureur spécial pour enquêter sur les milliers de personnes disparues au pays.

Enrique Peña Nieto en a fait l'annonce lors d'une rencontre, jeudi, avec les familles des 43 étudiants qui ont disparu, il y a un an, dans le sud du Mexique.

Eduardo Sanchez, porte-parole du président, a déclaré aux journalistes après la réunion à huis clos que les familles avaient présenté huit demandes. M. Peña Nieto a mandaté son cabinet pour analyser chacune des demandes et pour faire le suivi avec les proches des disparus.

Plus de 25 000 personnes ont disparu au Mexique entre 2007 et le 31 juillet 2015, selon le gouvernement. La disparition des étudiants survenue le 26 septembre 2014 a ravivé le débat.

Parmi les demandes des familles figurent la mise sur pied d'une nouvelle enquête sur les disparitions qui serait supervisée par des représentants internationaux et une enquête sur les responsables de l'enquête initiale. Les familles croient avoir été induites en erreur.

M. Sanchez a déclaré à la sortie de la rencontre qu'il n'y avait pas d'échéance précise pour répondre à leurs exigences, mais il a promis que ce serait fait dans les plus brefs délais.

«Encore et encore, nous nous demandons comment pourrions-nous faire de nouveau confiance dans une institution qui nous a trompés», ont écrit les familles dans la lettre remise au président.

Selon M. Sanchez, le président a répondu aux familles: «Nous sommes sur le même côté. Vous et moi cherchons la même chose».

Le 26 septembre 2014, les 43 étudiants ont disparu dans la ville d'Iguala. Ils s'y étaient rendus afin de s'approprier des autobus qu'ils voulaient utiliser pour assister à une commémoration à Mexico.

Le gouvernement fédéral a déclaré que la police locale de Iguala et de la ville voisine de Cocula avaient détenu illégalement les élèves et les avaient remis au cartel de drogues local Guerreros Unidos. Les membres du cartel les auraient tués et auraient incinéré leurs restes. Les familles n'ont jamais accepté cette version des faits.

Le gouvernement a également affirmé avoir identifié deux des étudiants à partir des restes brûlés qui ont été récupérés dans une rivière de Cocula.

Une équipe d'experts internationaux envoyés par la Commission interaméricaine des droits de l'homme, qui a passé six mois à examiner l'enquête du gouvernement, a cependant trouvé un certain nombre de lacunes.

Plus précisément, elle a conclu que les corps de 43 étudiants ne pouvaient pas avoir été brûlés au dépotoir d'ordures de Cocula, comme le prétend le gouvernement.

Le procureur général Arely Gomez a dit, plus tôt, que cette partie de l'enquête du gouvernement serait examinée avec l'aide de grands experts internationaux.

Jeudi, Eduardo Sanchez a confirmé que des experts internationaux seraient impliqués dans une troisième enquête du site d'incinération présumé.

Mark Stevenson, The Associated Press

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