POLITIQUE
25/09/2015 03:40 EDT | Actualisé 25/09/2015 03:40 EDT

Québec manque de transparence à Anticosti, selon des groupes environnementaux (VIDÉO)

Une coalition d'organismes citoyens et environnementaux tire la sonnette d'alarme sur le fait que les résultats des forages réalisés à Anticosti ne sont plus rendus publics par le gouvernement de Philippe Couillard.

Cette coalition déplore que les rapports d'analyse ne se trouvent plus sur le site du Système d'information géoscientifique pétrolier et gazier (SIGPEG). De plus, le ministère de l'Environnement ne publie désormais que le nombre de rapports produits, sans détailler leur contenu.

Ces organismes réclament plus de transparence et de cohérence de la part du gouvernement de la province. Faute de quoi « des forages avec fracturation pourraient débuter dès l'été 2016 sans examen, ni débat public », met en garde Christian Simard, de Nature Québec, pour qui ces éventuels forages pourraient nuire à la qualité de l'eau et au régime hydrique des rivières à saumon.

De plus, la coalition reproche au gouvernement Couillard d'annoncer des réductions ambitieuses des gaz à effet de serre tout en maintenant des projets comme celui d'Anticosti.

« Permettre la fracturation sur Anticosti revient à ouvrir la porte à l'utilisation de cette technique et à l'exploration et à l'exploitation des gaz de schiste sur tout le territoire du Québec, malgré l'avis défavorable du BAPE. »

— Jacques Tétreault, coordonnateur du Regroupement vigilance hydrocarbures Québec

Patrick Bonin est responsable de la campagne climat-énergie au sein de Greenpeace Canada et, selon lui, en comparant la situation d'Anticosti à celle qui prévaut au Dakota, où il y a de l'exploitation du pétrole de schiste, on peut évaluer que l'éventuelle production de pétrole sur l'île entraînerait des émissions de gaz à effet de serre équivalentes à l'ajout de 400 000 véhicules sur les routes du Québec. « Ça c'est juste pour la production de pétrole, dit-il, parce qu'avec du pétrole viennent aussi du gaz et du méthane, un puissant gaz à effet de serre qu'il faut brûler et qui a aussi des émissions fugitives ».

La coalition rappelle que le Québec n'a toujours pas voté de moratoire sur la fracturation.

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La coalition regroupe les organismes suivants : Regroupement vigilance hydrocarbures Québec, Greenpeace, Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique, NON à une marée noire dans le Saint-Laurent, Eau Secours! et Nature Québec.