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24/09/2015 12:07 EDT | Actualisé 24/09/2015 12:14 EDT

Une association de défense des animaux arrache son chien à un sans-abri en France (VIDÉO)

L'association Cause Animale Nord est accusée de violence envers un itinérant et son chien. Depuis mercredi 23 septembre, la CAN lilloise est au cœur d'une violente polémique, après la diffusion d'une vidéo montrant une altercation avec un sans-abri, qui lutte pour garder son chien. Sur les réseaux sociaux, les internautes ulcérés et l'association se menacent à tour de rôle, à grands renforts de communiqués et de pétitions.

La scène se déroule en plein cœur de Paris, dans le quartier des Halles. Un homme -identifié par la suite comme étant Anthony Blanchard, le président de l'association- et une femme tentent de récupérer le chien d'un sans domicile fixe. Une fois le sans-abri maîtrisé, le président de la CAN s'empare du chien (qui visiblement ne tient pas à le suivre), avant de le donner rapidement à un autre homme qui s'éloigne en courant. La vidéo s'achève sur les cris du sans-abris, et des personnes alentours. "Vous êtes dégueulasses!", s'exclame une femme témoin de la scène.

Postée le 19 septembre, la vidéo (visible en haut de l'article) a été visionnée près de 200.000 fois sur Youtube. Et depuis, les publications Facebook de la CAN sont systématiquement prises d'assaut par des internautes d'autant plus scandalisés que quelques jours après la diffusion de la vidéo, une annonce proposant à la vente une petite chienne baptisée Vegan, et ressemblant à s'y méprendre à celle de la vidéo, a été publiée sur la page Facebook.

ADOPTION : VEGANVegan est ok chien, chat et enfant.Elle est pleine de joie et très joueuse Vegan sera Identifié...

Posted by Cause Animale Nord on mercredi 23 septembre 2015

Beaucoup reprochent à l'association d'avoir outrepassé ses droits et d'avoir commis un acte de barbarie à l'encontre du sans-abri. Lancée mercredi 23 septembre sur le site Change.org, une pétition visant à ouvrir une enquête sur le fonctionnement de l'association a déjà recueilli plus de 70.000 signatures à l'heure où nous écrivons cet article.

Mais l'association a rapidement réagi. Après un premier communiqué publié sur Facebook, et devant le tollé provoqué par l’affaire, Anthony Blanchard, l'homme en blanc présent sur la vidéo, a livré sa version à Metronews. "En marge d'une manifestation pour le droit des animaux qui se tenait à Paris, samedi 19 septembre, une dame est venue nous voir. Elle nous a dit qu'un Rom mendiant avait un chiot drogué avec lui. J'ai constaté de moi-même que le chien n'était pas dans son état normal", explique-t-il, avant d'ajouter "c'est un fait que les Roms droguent leurs animaux et les vendent sur les trottoirs. Certains mangent des chats." Des propos qui ne sont pas sans rappeler les positions radicales du président de la CAN sur la population Rom, et déjà exprimées en janvier 2013 dans une lettre ouverte visible ici.

Il dénonce également le parti-pris de la vidéo, qui selon lui ne montre pas le début de l'altercation. "Ce que vous ne voyez pas, c'est qu'on a d'abord discuté avec cet homme, qui n'a pas pu nous présenter les papiers de l'animal. Puis il l'a pris contre lui, l'a serré dans ses bras et s'est roulé par terre", raconte-t-il.

Suite à ces déclarations, les internautes interpellent désormais l'association en lui demandant de fournir les résultats des tests médicaux, prouvant que le chien était bel et bien drogué. Pour l'instant, l'association n'a pas répondu à ces demandes, se contentant de publier un nouveau communiqué où elle annonce sa volonté de porter plainte contre "l'ensemble des personnes portants des propos diffamatoires, insultes, menaces de mort, auteur de la vidéo concernant le chien Vegan."

Une décision qui n'a fait qu'envenimer la situation. Car si l'on se fie à la stricte lecture de la loi, les membres d'une association ne sont pas en droit de retirer eux-même un animal à son propriétaire, comme l'indiquent les articles L205-1 et L214-23 du Code Pénal qui dressent la liste des agents habilités à intervenir et leurs domaines d'intervention. Les associations sont en revanche autorisées à mener une enquête préalable, avant de fournir les preuves aux autorités compétentes.

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