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23/09/2015 13:13 EDT | Actualisé 23/09/2016 01:12 EDT

USA: le pape appelle les évêques à accueillir "sans peur" les immigrants

Le pape Francois a appelé mercredi avec force les évêques américains à accueillir "sans peur" les immigrants, affirmant que l'immigration "enrichit l'Amérique" dans une nouvelle allusion à un sujet qui divise aux Etats-Unis.

Lors d'une rencontre dans la cathédrale St Matthew, le pape a salué le travail de l'Eglise envers les immigrants y compris hispaniques, qui représentent près de 40% des catholiques américains.

Un message qui pourra aussi être entendu en Europe, aux prises avec la crise des réfugiés.

"Aucune institution américaine ne fait davantage pour les immigrés que vos communautés chrétiennes", a-t-il dit. Comme "pasteur venu du Sud", "je sens le besoin de vous encourager".

"Je défends presque ma propre cause", a relevé ce fils d'immigrants italiens arrivés en Argentine dans les années 1920-30.

"Peut-être serez-vous mis au défi par la diversité des migrants. (....) Accueillez-les sans peur. Je suis certain que, encore une fois, ces gens enrichiront l'Amérique et son Église", a-t-il plaidé.

Le pape s'était déjà présenté mercredi matin devant le président Barack Obama comme "fils d'une famille d'immigrants".

Jorge Bergoglio a exhorté les évêques américains à l'unité entre eux et avec Rome, car "l'Église (...) ne peut se laisser être mise en morceaux, devenir objet de querelles".

"Le langage aigre et belliqueux de la division ne convient pas aux lèvres d'un pasteur".

Il a aussi exhorté les évêques à davantage de "dialogue" avec les fidèles, dont les convictions sont parfois éloignées aux Etats-Unis de celles du clergé.

Il a également appelé les responsables de la riche Eglise américaine à l'humilité pour que l'institution "soit aussi un foyer humble qui attire les hommes par la chaleur de l'amour."

"Je sais que le champ dans lequel vous semez est souvent hostile et que les tentations sont nombreuses de s'enfermer dans les murs de la peur, (...) planifiant des réponses dures aux résistances qui sont d'ores et déjà âpres", a-t-il affirmé.

Mais "le dialogue est notre méthode, non par stratégie habile, mais par fidélité" au Christ", a-t-il martelé.

Répondant aux reproches de prélats conservateurs, qui le soupçonnent d'être gauchiste, progressiste ou laxiste, il a tenu à souligner "l'engagement indéfectible pour la famille et la vie" des évêques américains. Il a rappelé qu'il n'est "pas permis de se taire" face à "la victime innocente de l'avortement" et que "l'annonce de l'Évangile de la famille n'est pas moins importante".

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