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23/09/2015 06:40 EDT | Actualisé 23/09/2016 01:12 EDT

Turquie: deux remplaçants nommés après la démission de deux ministres prokurdes

Le chef du gouvernement de transition turc Ahmet Davutoglu a annoncé la nomination de deux nouveaux ministres en remplacement des deux membres du principal parti prokurde du pays qui ont démissionné mardi sur fond de reprise du conflit kurde.

Le portefeuille des Affaires européennes a été confié à une spécialiste des questions internationales, Beril Dedeoglu, professeure à l'université Galatasaray d'Istanbul, et celui du Développement à l'actuel sous-secrétaire d'Etat du secteur, Cüneyt Duzyol, ont annoncé mardi soir les services du Premier ministre.

Leurs prédécesseurs, Ali Haydar Konca et Müslüm Dogan, ont claqué la porte du gouvernement intérimaire mardi à six semaines des élections législatives anticipées du 1er novembre. "Nous sommes opposés à la logique de guerre menée par l'AKP (Parti de la justice et du développement, au pouvoir)", a déclaré M. Konca devant la presse.

Depuis deux mois, des combats meurtriers ont repris entre les forces de sécurité turques et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le sud-est à majorité kurde du pays.

MM. Konca et Dogan étaient les deux premiers ministres de l'histoire politique turque à faire partie du parti prokurde, le Parti démocratique des peuples (HDP).

Le président Recep Tayyip Erdogan a pris acte mardi soir à la télévision du départ des deux ministres et dénoncé leur volonté de "salir la présidence".

M. Davutoglu a lui aussi déploré le départ des élus du HDP de son équipe et les a accusés de prendre leurs ordres auprès des rebelles.

"Nous savons parfaitement qui a écrit ça (la déclaration de démission des deux ministres)", a-t-il estimé mercredi devant la presse. "Kandil (le nom des montagnes du nord de l'Irak qui abritent le QG des rebelles) et les autres forces qui agissent en coulisses ne peuvent pas influer sur la politique de la Turquie", a-t-il ajouté,

M. Erdogan accuse le HDP de soutenir le PKK. Ses détracteurs lui reprochent en retour d'attiser les tensions nées de la reprise du conflit kurde pour prendre sa revanche lors du scrutin du 1er novembre.

Le 7 juin, son parti avait subi un sérieux revers en perdant la majorité absolue qu'il détenait au Parlement depuis 2002.

pa/ros